AMAP et bio dans Nantes Métropole : des idées, des pistes
Par élus verts le mardi 16 juin 2009, 16:33 - Analyses - Lien permanent
Nantes Métropole veut agir sur les terres
agricoles en friche dans son périmètre... et il en a a beaucoup. Florence
Février est intervenue lors du Conseil Communautaire du lundi 15 juin, évoquant
l'agriculture bio, les AMAP et Notre-Dame-des-Landes notamment...
"Cette convention, sans engagement financier majeur, nous permet de montrer notre volonté d'agir sur les friches agricoles de l'agglomération, en faveur d’une agriculture périurbaine. Pour veiller aux mutations des terrains, pour nous inscrire dans la logique du SCOT, pour limiter l'étalement urbain, le partenariat avec la SAFER est pertinent, vers l'agriculture périurbaine et plus seulement pour des projets immobiliers.
A l’heure où nous devons développer massivement l’agriculture Biologique (l’objectif national est de 20% des terres agricoles en Bio à l’horizon 2020 contre 2% aujourd’hui) la préservation de terres pour un usage agricole, concerne de très près notre agglomération. Ne pourrait-on même aller plus loin en dédiant, au même titre que des ZAC d’activité économique, des ZAC à vocation agricole ? Elles permettraient une politique volontariste d‘activités de maraîchage, notamment. Cette proximité permettrait entre autres de privilégier les circuits courts entre consommateurs et producteurs.
Rendre ces friches à l'agriculture, ainsi que les 1600 hectares confisqués par le projet d'aéroport à Notre Dame des Landes, contribuerait à préparer notre avenir et à relocaliser notre production alimentaire.
Nous proposons donc un partenariat renforcé avec l’ensemble des communes de notre agglomération permettant de prévoir pour les années à venir des terrains pour des exploitations agricoles en répondant en priorité aux demandes d'implantation d’agriculteurs bio. A ce jour, selon le Ministère de l’Agriculture, 150.000 hectares sont en cours de conversion en France. Ceci signifierait que d’ici 3 ans, seulement 0,5% supplémentaire des terres cultivées passeraient en Bio en France. "
A ce titre, précisons que, paradoxalement, la demande en produits bio est grandissante sans que nous disposions d’une production locale suffisante, particulièrement pour les fruits et légumes. Nous avons notamment besoin de productions bio plus importantes pour la restauration scolaire, c’est le cas de la plupart des communes de Nantes Métropole pour les repas servis dans nos écoles. Cette offre sera d’autant plus pertinente qu’elle s’appuiera sur une production Bio locale.
Faire le choix politique de l’agriculture Bio périurbaine c’est aussi faire un choix économique en faveur de l’emploi. En effet, 25000 hectares de terres arables correspondent potentiellement à 12 000 exploitations en maraîchage - sachant qu'une exploitation de 2 ha permet d’assurer le revenu d’un maraîcher.
Soutenir l'installation d'agriculteurs qui souhaitent se convertir en biologie ou retrouver un emploi de proximité dans un secteur où la demande est forte, c'est aussi un choix en faveur de l’économie sociale et solidaire.
En complément, nous rappelons les besoins en terres agricoles pour : - les terrains de maraîchage pour l'implantation de nouvelles AMAP. A ce jour, en 3 ans, leur nombre a été multiplié par 30 et leur taux de progression ne faiblit pas. - les jardins solidaires permettant une insertion des publics en difficulté. - une ferme pédagogique en Sud-Loire
L'attrait grandissant pour la constitution d’AMAP, des jardins partagés et des jardins familiaux dans nos communes témoigne aussi de leur intérêt social et du souci de manger des produits sains sans se ruiner.
Les élus communautaires qui ont une bonne connaissance de leur territoire, sont une ressource précieuse pour faire un état des lieux sur ces questions et pour participer à l’élaboration de réponses appropriées en la matière. Nous souhaitons que chacun d’entre nous soit davantage associé.
Je terminerai en indiquant que faire la promotion de l’agriculture Bio c’est aussi agir en faveur du Plan Climat local, lorsque l’on sait que l’agriculture conventionnelle contribue globalement à l’émission d’environ 25% des gaz à effet de serre.
