Déchets : nous sommes en retard
Par élus verts le mardi 16 juin 2009, 16:44 - Analyses - Lien permanent
Le
rapport annuel 2008 des déchets était à l'ordre du jour du Conseil
Communautaire du 15 juin. Elisabeth Guist'hau en a profité pour donner le point
de vue des Verts, mais aussi rappeler quelques idées et pratiques vertueuses un
peu laissées de côté... et pour rappeler notre attachement au système Tri'sac
qui se fait désirer.
Je me joins tout d’abord à mes collègues pour féliciter les auteurs de cet excellent rapport. Les informations que nous y découvrons sont d’ailleurs plutôt positives puisque nous y trouvons la confirmation d’une tendance qui devient de plus en plus nette : nous jetons petit à petit, dans notre agglomération, moins d’ordures ménagères et plus de déchets recyclables. Nos concitoyens s'approprient clairement la notion de tri et de recyclage. Ainsi, chaque habitant de notre collectivité jetait au « tout venant » 318 kg d’ordures voilà 10 ans, nous sommes descendus à 273 kg l’an passé … mais sachant que nous nous sommes engagés à ne jeter que 200 kg en 2015, le pari est encore loin d’être gagné.
Il faut donc aller vers plus de compostage, qu’il est aberrant de ne pas valoriser. L’association Compostri l’a compris, à nous d’essaimer ces bonnes pratiques. Mais plus généralement, nos déchetteries sont victimes de leur succès, disons-le, l’accueil n’y est plus assuré dans des conditions satisfaisantes. Nous ne pouvons différer leurs rénovations annoncées.
Les déchets, c’est de l’or, pour qui se donne la peine de les valoriser. Ne faudrait-il pas, par exemple, davantage booster les filières de réemploi ? Nous l'avons entendu, le succès que remporte l’association ECOREV, à l’essai sur 2 déchetteries, avec un espace-vente sur Mangin qui a connu d’emblée un remarquable succès, est là pour en témoigner. Continuons à réfléchir : nous avons par exemple souvent évoqué, lors du dernier mandat, la possibilité de faire travailler avec nos recycleries les anciens ferrailleurs, souvent gens du voyage ou encore des Roms - que nous avons ces temps-ci beaucoup trop tendance à rejeter sans solutions d'intégration. Ces emplois, que l'on pourrait créer avec le développement des recycleries, constitueraient autant d’emplois locaux dans le champ de l'insertion sociale et professionnelle, et qui plus est fort utiles à la collectivité...donc un vrai levier économique, social et solidaire.
Reconnaissons-le, nous en avons beaucoup parlé, mais nous n’avons rien fait. Si nous continuons à ne rien faire, nous savons pertinemment que nous laissons s’installer et se pérenniser des filières parallèles et souvent mafieuses. Alors voyons les choses en face et agissons plutôt que de subir. Les élus verts, Régionalistes et Solidaires demandent donc que ce dossier soit rouvert et que lors du bilan 2009, du concret nous soit enfin présenté.
Et pendant ce temps, l’extension de Tri’Sac suit son chemin, d’un train de sénateur… ce nouveau système est pourtant nécessaire, dès que possible et sur l’ensemble de notre collectivité. La liste des améliorations qu’il amène nous le fait désirer un peu plus chaque année : un seul bac à la maison donc gain de place dans nos villes concentrées, un seul ramassage donc simplification à tous les niveaux, beaucoup moins de passages donc économies notoires pour notre collectivité et baisse sensible de la pollution grâce à un passage moins fréquent des bennes,… vivement que les deux bacs à la maison et les deux périodes de collectes soient du passé.
Dimanche 7 juin, les électeurs ont pourtant rappelé que les questions environnementales étaient au cœur de leurs préoccupations, de leurs priorités alors ne les faisons pas languir. La filière de réemploi est encore marginale, penchons-nous sérieusement sur ses possibilités. Tri’Sac n’est ni anodin ni secondaire mais nécessaire et urgent. Nos concitoyens sont prêts, c'est déjà nous qui sommes en retard.
Commentaires
Developper l'emploi local autour de la valorisation et du tri des déchets, une piste en or. Certains "gens du voyage" ont un savoir faire en la matière c'est vrai
J'adhère!
Limites de Tri-sac
J'ai eu l'occasion de visiter le site de la Prairie de Mauves où est implantée la machine qui trie les sacs bleus et les sacs jaunes. Cette visite m'a rappelé une remarque déjà ancienne de Ronan Dantec qui parlait d'Arc en Ciel en critiquant le fait que le local où on fait le tri était à côté du local où on charge le four pour l'incinération. Il craignait que des déchets secs soient détournés en douce lorsque la température des fours était trop basse. Il avait dit qu'il veillerait à ce que sur la Prairie de Mauves les sacs jaunes arrivent sur un site complètement séparé du site des ordures à brûler.
Le système tri-sac, c'est pire car tout arrive sur les mêmes tapis roulants et lorsque on a besoin de déchets secs pour remonter la température des fours, il suffit de déconnecter l'outil qui écarte les sacs jaunes pendant quelques instants, on fait cela à des heures où il n'y a pas de personne étrangère et ni vu ni connu.....
Je ne partage donc pas l'optimisme d'Elisabeth sur tri-sac.
Dominique Verdier
Sur le merveilleux système TRI'SAC, dont il a fallu aller chercher l'idée si loin de Nantes (en Suède, parait-il), la lecture de La lettre à Lulu de novembre (page 6 - je ne veux pas parler de la bien cruelle page 5) nous donne un éclairage différent. Et peu encourageant.
Ce qui pourrait laisser entendre que, plutôt que multiplier les efforts pour recycler les déchets, on pourrait peut-être se dire qu'il faut éviter d'en produire, et s'interroger à cette occasion sur le fondement de la "taxe sur les ordures ménagères".
Mais les esprits ne sont peut-être pas encore mûrs, et les appétits des multinationales du traitement des déchets encore trop vifs.
RH. Famille de 5 personnes, 85m3 d'eau par an.