CIMADE : soutien fort des Verts
Par élus verts le vendredi 26 juin 2009, 17:12 - Analyses - Lien permanent
Le
conseil municipal du 26 juin a adopté à une forte majorité un soutien financier
à la CIMADE, dont le gouvernement actuel, par l'entremise d'Eric Besson, avait
remis en cause le travail. Ronan DANTEC est monté au créneau...
A travers cette délibération, nous sommes aujourd’hui amenés à réitérer
notre soutien au partenariat fructueux engagé avec des associations qui œuvrent
pour les droits des migrants sur le territoire français.
Il se trouve que nous célèbrerons en octobre prochain les 70 ans de la
CIMADE, à l'époque de sa création, "comité inter-mouvement auprès des évacués",
une association créée donc dans les heures les plus sombres de notre histoire.
Ainsi cette délibération, en plus de souligner l'engagement de la ville de
Nantes pour l'accueil des migrants et le respect des droits de la personne,
prend un relief tout particulier par rapport à l'actualité récente.
En effet, même si le Président Nicolas Sarkozy s'autoproclame aujourd'hui
héritier du conseil national de la résistance, son ministre de l'immigration,
Éric Besson, n'a que faire du passé de résistance de la CIMADE. À moins que ce
ne soit justement cet esprit de résistance, qui mobilise encore des militants
refusant l'inacceptable, qui justement irrite un pouvoir cherchant
démagogiquement à faire du chiffre sur les reconduites à la
frontière.
La décision du ministre de l'immigration de retirer à la Cimade son habilitation pour le suivi des étrangers en centre de rétention, notamment pour leur garantir l'exercice effectif de leurs droits, est un véritable scandale qu'il convient de dénoncer dans toutes les instances républicaines. "Un appel d'offres et des mises en concurrence entre structures"… pour assurer une garantie d'accès aux droits, c'est l'hallucinante solution trouvée par Éric Besson pour écarter de cette autre honte française que sont les centres de rétentions, les associations dont la stature morale rendait le témoignage si accablant. C'est indigne et heureusement le tribunal administratif de Paris vient de suspendre les contrats ainsi conclus.
Nous le savons, nous ne sommes jamais totalement à l'abri d'une perte de sens, d'un affaiblissement dans le respect et l’application de nos valeurs communes. Les questions liées aux migrations ne sont pas toujours faciles à traiter, les migrations climatiques qui s'amorcent sous nos yeux vont se poser avec gravité, mais justement nous ne pouvons, nous ne devons pas dévier, dans le traitement de ces questions, du respect absolu de la dignité et de la justice. On n'expulse pas des enfants en cours de scolarité, on n'expulse pas des mineurs sans tuteurs ou parents dans le pays d'origine… Cela devra être évident pour tous, pourtant c'est ce que prévoit aujourd'hui la directive européenne "retour", impulsée lors de la présidence française de l'union européenne, par un président qui se dit pourtant aujourd'hui "solidaire de tous les proscrits" mais qui a dangereusement accolé immigration et identité nationale dans le même libellé d'un ministère. Face à cette directive européenne dite "de la honte", face aux dérives constatées porteuses de perte de sens collectif, cette délibération nous donne donc ici l'occasion de souligner l'importance de cet engagement militant, de ces actes individuels et collectifs qui rappellent le sens et les lignes à ne jamais franchir.
