On l’aimait bien ce prince du raï qui avait reçu l’ordre national du mérite en 2002. Et pourtant c’est bien Cheb Mami qui a hurlé à son ex-compagne « Tu n'as plus de bébé : le sang, je l'ai vu. C'était comme un morceau de foie ». Il vient d’être condamné à 5 ans de prison ferme pour avoir organisé une tentative d’avortement forcé sur son ex-compagne en 2005.

Ce drame nous rappelle à quel point le corps des femmes est objet de convoitises spécifiques et c’est notamment pour cette raison qu’il doit être protégé par le droit.

Le corps ne doit pas rentrer dans le domaine marchand : ni la prostitution ni la gestation pour autrui ne doivent être autorisées au nom de la dignité humaine. La vie biologique d’une femme n’est pas séparable de sa vie biographique.

Non, la prostitution ne peut être un métier comme un autre. Le corps ne peut être un outil. Non, la gestation pour autrui ne peut être un service comme un autre. Il n’existe pas de droit à l’enfant.

Faire de la chair l’instrument d’autrui, c’est déshumaniser les femmes.

Non, M. Cheb Mami, vous n’avez pas le droit d’avorter une femme. Si vous ne vouliez pas d’enfant, vous n’aviez qu’à utiliser un préservatif !

Dominique TRICHET-ALLAIRE