Nouveau journal des élus Verts de nantes !
Par élus verts le jeudi 9 juillet 2009, 16:44 - Le Journal des EluEs VertEs de Nantes - Lien permanent
Le n°12
du journal des élus Verts de Nantes vient de paraître. Il propose un focus
spécial sur l'économie, nous restons donc en pleine actualité... voici les
principaux articles de ce journal, et si vous en voulez la vesrion papier, une
demande suffit.
Une économie plurielle, responsable et solidaire
Une économie plurielle, responsable et solidaire comme réponse majeure à la crise. Réponse qui doit être la fois, mondiale, européenne, nationale et territoriale. C’est à ce dernier niveau que se développent des initiatives économiques et solidaires. C’est à ce niveau que l’on peut le mieux les valoriser. Cette réponse qui se situe dans l’économie est aussi éthique et culturelle.
La crise actuelle amplifie dramatiquement les déséquilibres sociaux, économiques, écologiques d’une société dominée par la marchandisation et la financiarisation : la montée brutale du chômage, la situation critique des
entreprises, la progression de la misère et de l’exclusion, la dégradation des conditions de vie des classes moyennes ébranlent les bases de la société et viennent s’ajouter aux urgences écologiques d’agir pour les générations futures tout en garantissant un accès équitable aux biens publics entre les populations et pays.
D’un système...
L’ampleur et le caractère systémique de la crise font voler en éclat les représentations et dogmes économiques encore jugés infaillibles l’année passée. Les centaines de milliards mobilisés en quelques semaines pour garantir le système bancaire, puis les plans de relance de l’économie, ont brusquement re-légitimé l’intervention économique de l’Etat et la dépense publique.
Les vertus sans limite de la concurrence, de la libéralisation et l’autorégulation du marché sont aujourd’hui remises en cause. La performance et la compétitivité de l’entreprise fondée sur la création de valeur actionnariale et justifiant des rémunérations démesurées des dirigeants est désormais contestée.
… à l’autre
Dans ce contexte, l’économie sociale et solidaire devrait apparaître comme un facteur de résistance puissant à la course effrénée vers le profit immédiat et maximum, à l’exacerbation des désirs individuels au mépris de l’intérêt général.Elle regroupe des milliers d’initiatives qui s’emploient à répondre aux besoins essentiels non satisfaits, à réparer les injustices les plus flagrantes, à parer aux risques les plus sensibles sur l’environnement ; ce faisant ces initiatives vont plus loin que la réparation, elles contribuent à un développement qui, échappant à la seule logique marchande, s’attache à la justice sociale et à la protection de l’environnement.
Force est pourtant de constater que ces actions, bien que leurs effets bénéfiques soient mieux reconnus que naguère, gardent aux yeux de l’opinion un caractère ponctuel et marginal. L’idée qu’elles constituent un projet d’ensemble capable de s’opposer à la crise est encore inaudible.
Jean-Philippe MAGNEN
Forum mondial de l’économie solidaire
Soyons le changement que nous proposons
Après Lima en 1997, Québec en 2001 et Dakar en 2005, du 22 au 25 avril le forum mondial de la globalisation de la solidarité a rassemblé plus de 700 participants de la société civile, des mouvements sociaux et politiques, des gouvernements et institutions internationales à Luxembourg.
Les participants à ce grand événement fédérateur ont démontré qu'à travers les initiatives de l'économie sociale et solidaire sur tous les continents du monde, une autre économie existe.
Face aux défis liés aux crises écologique, sociale et économique, aux injustices, aux humiliations, la misère et la pauvreté subies par une majorité des citoyens du monde, l'économie sociale et solidaire rassemblent des acteurs et des initiatives qui valorisent une autre vision de la richesse en promouvant d'autres indicateurs qui s'appuient sur deux principes fondamentaux : accès pour tous aux biens communs de l'humanité (santé, éducation, alimentation, habitation, eau, assainissement) et développement d'un bien-être et d'un bien vivre ensemble durables.
Cette nouvelle vision de la richesse se combine à une nouvelle approche du pouvoir qui requiert la reconnaissance réciproque des autorités locales, de la société civile et des institutions internationales, notamment par la redéfinition et le respect des fonctions et rôles de chacun, ainsi que la création ou la démocratisation de lieux de débats où la confrontation est considérée comme un vecteur important de coopération et transformation sociales (« coopération conflictuelle »). Pour mettre en oeuvre ce projet politique alternatif, les acteurs de l'ESS s'engagent à :
· promouvoir et renforcer les réseaux et organisations de l'économie sociale et solidaire
· favoriser la participation des mouvements sociaux et politique au sein des réseaux de l'ESS
· participer à la co-production de politiques à tous les échelons territoriaux qui permettent à l'ESS de jouer un rôle important dans la lutte contre les impacts de la crise mondiale et pour l'égalité des citoyennes et citoyens du monde.
Patrick Viveret, philosophe français auteur du rapport « reconsidérer la richesse » l’affirme : « en alliant résistance créative, propositions transformatrices et expérimentations d'auto et co-gestions, les acteurs de l'économie sociale et solidaire seront eux-mêmes le changement qu'ils proposent ».
Jean-Philippe MAGNEN
« Soyons nous-mêmes le changement que nous proposons ». Gandhi
« Quand on veut poursuivre ses rêves, il faut les avoir suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue au fur et à mesure qu'on s'en approche » O Wilde
__ Un prêt pour consommer moins d’énergie__
Par une aide appropriée et un « Plan Marshall » de réhabilitation thermique nous pouvons diminuer les consommations d’énergie et donc faire rapidement des économies.
Le secteur du bâtiment consomme à lui seul près de la moitié de l'énergie finale en France et produit un quart des rejets de gaz à effet de serre.
Avec les transports, il est l'un des seuls domaines d'activité qui ont vu leurs émissions de CO2 augmenter depuis 1990.
Pour notre agglomération nantaise, les bâtiments existants sont les premiers responsables des émissions de gaz à effet de serre.
La rénovation thermique des bâtiments existants est donc pour nous une priorité locale. Mais au delà de notre territoire, l'enjeu est national.
La proposition d'un "éco-prêt à taux zéro", mesure phare du grenelle, va dans ce sens. Espérons que le logement social pourra aussi en bénéficier un jour ! Pour être efficace face à l'enjeu du dérèglement climatique, il faut plus que des mesures incitatives.
Il nous faut un véritable plan Marshall de la rénovation thermique en France. Au moment de la vente, la réglementation pourrait permettre la rénovation des logements construits avant 1975 (obligation de rénover à 50 kWh/m2/an). Pour être populaire, cette mesure pourrait inclure des mécanismes financiers qui permettent de dégager un bilan de trésorerie positif dès la première année.
Ainsi, le parc de logements anciens pourra réduire ses émissions de gaz à effet de serre, faire baisser les factures d'énergie. Nous éviterions aussi une aggravation du pouvoir d’achat. La hausse prochaine du pétrole risque de fragiliser un peu plus le budget des ménages.
Un plan volontaire permettrait de créer des centaines d’emplois dans le secteur du bâtiment.
Une étude récente de l'ADEME annonce qu'il existe aujourd'hui en France 87 000 emplois liés à la rénovation thermique et estime le potentiel à 200.000 emplois pendant 20 ans ; des emplois locaux non délocalisables !
Sans tarder il faut mettre en place un programme de formation destiné à l'ensemble des catégories professionnelles impliquées (architectes, ingénieurs, artisans, constructeurs...) et soutenir cette filière.
Nous aurons enfin à organiser l'information de proximité pour que chaque citoyen trouve les informations et réponses à ses questions afin de s'engager pleinement.
L’Espace Info Energie et les pôles de proximité peuvent jouer ce rôle.
Pascale CHIRON
Des achats durables pour la promotion d’une autre
économie
La Ville de Nantes en structurant sa politique d’achats (près de 30% du budget municipal) pour en faire un axe majeur de promotion du développement durable, concourt à faire émerger une économie que les Verts appellent de leurs vœux.
La Ville de Nantes intègre dans ses achats des exigences environnementales et sociales. Deux grands objectifs structurent sa démarche : agir pour la planète – lutter contre le réchauffement climatique, préserver les ressources naturelles et la biodiversité ; promouvoir la solidarité et l’éthique dans les activités marchandes.
Les achats publics durables actuels
Commerce équitable (voire bio-équitable) : les denrées alimentaires (riz, banane, jus d’orange) et les textiles (vêtements professionnels, ballons).
Agriculture biologique : l’objectif est de doubler le nombre de produits bio utilisés dans les restaurants scolaires et d’en généraliser l’achat pour les crèches et les maisons de retraites.
Eco-produits : les produits éco-labellisés (peintures, colles, solvants, produits d’entretien, fournitures de bureau, consommables informatiques) se généralisent dans les différents services municipaux. Engrais et produits phytosanitaires sont remplacés par des produits éco-labellisés ou des pratiques alternatives.
Véhicules propres : la priorité est donnée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre mais aussi à la maîtrise énergétique, au volume du parc à renouveler, à la source énergétique et à la puissance des véhicules, et aux autres modes de déplacements.
Bois brut et dérivé, mobilier : la démarche existe au sein des Ateliers municipaux et du Service des Espaces Verts. Le problème central reste la maîtrise de la traçabilité du bois certifié.
Insertion professionnelle : les marchés d’insertion professionnelle couvrent les travaux publiques et les prestations de nettoyage. Des marchés sont réservés aux établissements pour travailleurs handicapés comme la blanchisserie des écoles.
Démarche « coût global » / Eco-démarche : les économies à la source sont partie intégrante de l’approche (Plan d’actions du Bâti sur l’énergie, la durabilité des produits, la maîtrise des consommations d’électricité, le recyclage, la recyclabilité des vêtements de travail).
Et à venir
Circuits courts : les objectifs visés sont la diminution des kilomètres parcourus et le développement économique local. Deux marchés sont concernés : les denrées alimentaires et le bois.
Achats socialement responsables : santé, sécurité, Responsabilité Sociale des Entreprises (recrutement, conditions de travail, formation), éthique (conventions OIT) sont autant de dimensions à intégrer dans les cahiers des charges à venir.
La systématisation de cette politique d’achats durables nécessite l’élaboration d’indicateurs physiques appropriés (nombre de tonnes de papier ou de kWH économisés, nombre de mètres carrés d’espaces verts créés) pour guider et évaluer les actions de la Ville.
En matière d’enjeu écologique, il est impératif de sortir de la seule logique budgétaire et comptable.
Emmanuel GACHET
Le PIB : dépassé et sexiste
Une Kényane est active 676 minutes par jour, contre seulement 500 pour les hommes.
Le PNUD (Programme des Nations-unis pour le Développement) souligne ainsi la grande contribution des femmes aux richesses nationales, contribution souvent peu visible.
En effet, 2/3 du labeur féminin passe en « services domestiques non marchands » et n’est donc pas pris en compte dans ce calcul du très cher « PIB ». Or le PNUD estime que ce travail « invisible » représente l'équivalent de 70% du PIB Mondial.
Une raison de plus pour modifier ce critère économique qui représente une vision archaïque de l'économie.
Dominique TRICHET-ALLAIRE
Les plans de relance ne peuvent pas faire l’économie d’une relance
verte
Les lois se sont succédées à l’Assemblée Nationale pour abonder le plan de relance : projet de loi de finances pour 2009, projets de lois de finances rectificatives (x3), plan de sauvetage des banques,... A chaque fois je suis intervenu pour dénoncer des arbitrages injustes et inefficaces. Les opérations com’ se sont également succédées : émissions télévisées spéciales crises, Ministre spécial Relance (M. Devedjian), et récemment annonce d’un grand emprunt national.
A chaque annonce, nous guettons une mesure qui irait dans le sens d’une véritable rupture avec le modèle de développement qui a mené à la crise, mais nous ne la voyons pas venir. Où est la relance verte, le Green Deal, la conversion écologique de l’économie - quelle que soit son nom - alors même que la loi dite « Grenelle 1 » n’est toujours pas adoptée définitivement, presque 2 ans après que les groupes de travail ont rendu leurs conclusions ?
Plus loin que les plans de relance, les Verts cherchent à réformer l’économie en profondeur. Par exemple, en changeant les indicateurs de richesse : c’est pourquoi le 20 janvier, les députés Verts avaient proposé une loi sur l’empreinte écologique… qui a été rejetée par la majorité. Autre exemple, encore plus significatif, j’ai été à l’initiative d’une proposition de loi de transformation écologique de l’économie qui a été examinée le 28 mai. Sans être exhaustive, cette proposition visait à fournir une série de mesures fiscales ou législatives donnant un cadre à la réorientation de l'économie. Comme par exemple la mise en place de la contribution climat-énergie (basée sur le principe de redistribution intégrale aux ménages et aux entreprises), des normes contraignantes de basse consommation pour les constructions dès 2012, la réorientation des investissements publics en direction des transports en commun et l’interdiction de construction de tout nouvel aéroport, l’instauration de zones franches vertes et de zones franches coopératives etc.
Or les députés Verts ont été les seuls à voter pour ce texte, la majorité (UMP et Nouveau Centre) s’est prononcé contre, tandis que les députés socialistes et communistes se sont majoritairement abstenus. « Parler ou agir, il est temps de choisir » : c’est par ces mots que j’avais conclu mon intervention juste avant le vote. Les députés ont majoritairement choisi d'en rester aux vaines paroles pour tout ce qui touche à l'écologie. Les bons résultats d’Europe Ecologie le 7 juin dernier lors du scrutin européen ne permettent plus de faire l’impasse sur cette refonte de l’économie, qui a été demandée par les citoyens à travers ce vote.
François De RUGY - Député de Nantes-Orvault-Sautron
Femmes d’Afrique subsaharienne et économie sociale et
solidaire
Les systèmes économiques d’Afrique subsaharienne se caractérisent généralement par la présence d’un secteur formel, autour duquel gravite une économie parallèle échappant aux règles financières officielles, que l’on peut appeler le secteur informel. Vous avez dit « système D » ?
Face au manque d’efficacité du secteur formel et à la rigidité de ses règles, la majorité des femmes s’en trouvent de facto exclues. Confrontées à la quasi inexistence de systèmes de sécurité sociale ou d’assurance incluant l’ensemble de la population, les femmes sont amenées à mettre en place des moyens originaux pour pallier ces défaillances du pouvoir public.
Ainsi, le système de la tontine leur permet de mutualiser les achats, de servir de caisse d’épargne, caisse de solidarité et de prévoyance, vivier de main-d’œuvre.
La tontine se caractérise par sa multifonctionnalité. Chaque femme cotise à date régulière, le capital (monétaire ou non monétaire) ainsi constitué est redistribué à tour de rôle aux membres de la tontine. Le principe est l'échange circulaire et égalitaire d’un bien ou d’un service dans un groupe de femmes. De par son aspect informel, elle obéit à des règles plus souples que celles du système économique officiel, donnant ainsi la possibilité à de nombreuses femmes de trouver une source de financement pour leurs activités
Aujourd'hui, la masse monétaire qui y circule est telle que de nombreuses études d’économistes, du continent et des pays industrialisés, suggèrent à ces Etats d’intégrer ce système dans leurs politiques économiques.
D’ailleurs la naissance d'une fille dans une maison n'est plus perçue de façon si dramatique puisqu'elle redevient source de revenu potentiel...
Dominique TRICHET-ALLAIRE
