Réponse à Jean-Marc Ayrault sur l'écologie politique
Par élus verts le mardi 25 août 2009, 13:27 - Analyses - Lien permanent
Notre réponse
aux propos de Jean-Marc Ayrault interrogé sur la Taxe Carbone, jeudi 30 juillet
sur RTL, rapportés par le site du Nouvel Obs le même jour.
« Interrogé sur la taxe carbone (…) Jean-Marc Ayrault, a jugé que la dimension sociale était indispensable pour ne pas rendre « l’écologie insupportable pour un grand nombre de Français ». « L’écologie ce n’est pas uniquement l’affaire des écologistes, c’est une affaire économique et c’est aussi une affaire sociale. Et si on ne met pas beaucoup de social dans l’écologie, on finira par rendre l’écologie insupportable pour un grand nombre de Français. Il ne faudrait pas que les bobos soient satisfaits et que les prolos en soient victimes », a déclaré Jean-Marc Ayrault sur RTL.
L’écologie politique qu’est-ce que c’est ?
C’est une approche qui tente d’aborder les questions socio-économiques en n’omettant jamais leur dimension environnementale. L’écologie politique fait passer la politique de 2 à 3 dimensions.
L’écologie politique a acquis ses lettres de noblesse grâce aux écologistes. Que l’écologie politique ne soit pas la propriété des écologistes, cela ne fait aucun doute, tout comme les questions sociales n’appartiennent pas exclusivement aux partis de gauche traditionnels. En revanche, les écologistes ont une légitimité et une crédibilité pour appréhender les enjeux de notre temps que sont les bouleversements écologiques majeurs, et leur apporter des réponses appropriées. Les ralliés de la dernière heure à la cause écologique, s’ils sont les bienvenus, montrent encore qu’il leur faut s’approprier les nouveaux paradigmes pour changer leur logique de pensée.
Nous, écologistes, ambitionnons d’avoir un programme politique global pour l’ensemble de la société et de nos concitoyens. Nous ne visons pas seulement à satisfaire une catégorie sociale qualifiée si souvent et de façon si méprisante de « bobo » par des gens qui leur ressemblent fortement ! Sur la question énergétique, de l’emploi, de l’économie, de l’alimentation, de la santé, du logement, nous avons des propositions à faire, et nous nous battons tous les jours pour les faire appliquer dans les exécutifs locaux auxquels nous participons et qui sont exclusivement de gauche. La préoccupation sociale et économique n’est pas l’apanage des partis de gauche traditionnels.
- Quand nous proposons par exemple d’améliorer l’isolation thermique des logements sociaux, nous visons 2 objectifs : la diminution de la production de gaz à effet de serre et la diminution de la facture énergétique. Les moins aisés de nos concitoyens sont directement touchés par ces questions-là.
- Quand nous proposons de développer résolument l’économie sociale et solidaire en soutenant les services de proximité, les filières de l’écoconstruction, les artisans et les commerçants, nous visons à maintenir sur chaque territoire des activités économiques créatrices d’emploi non délocalisables.
- Quand nous défendons une agriculture bio de proximité, nous défendons une agriculture à la fois paysanne et de qualité environnementale, qui répond aux attentes de nos concitoyens. Faut-il rappeler, que cette agriculture-là est créatrice d’emplois contrairement à l’agriculture conventionnelle ?
- Quand nous défendons une taxe carbone, nous n’oublions pas l’impact que
cette mesure aura sur les plus faibles revenus et qui dépendent fortement de
leur voiture pour se rendre à leur travail. Il s’agit de remettre les choses à
l’endroit, ceux qui consomment le plus la voiture, l’avion, sont ceux qui n’ont
pas de problème pour faire la soudure en fin de mois !
Le scrutin de juin dernier vient nous montrer que les temps sont mûrs pour entrer sérieusement et résolument dans une nouvelle économie, verte, solidaire et équitable, sociale, innovante et inventive, locale, sobre. Le dérèglement climatique hiérarchise nos priorités et définit les urgences économiques.
