journées d'été des Verts
Par élus verts le mercredi 26 août 2009, 17:29 - Analyses - Lien permanent
1500 selon la
police ? Non, selon Le Monde. 2000 participants selon les
organisateurs ? Non, selon Ouest-France... quoi qu'il en soit, la cuvée
2009 des Journées d'été des Verts, sises à Nîmes et ouvertes à Europe Ecologie,
restera exceptionnelle dans toutes les mémoires.
Les 35 à 40° au mercure incitaient les réalistes à deviser du dérèglement climatique. Pour les autres il symbolisait la chaleur des retrouvailles, le bouillonnement des idées brassées et la flamme qui nous anime au moment d'aborder les élections régionales, en mars prochain.
Les Verts ligériens et nantais sont nombreux à avoir fait la longue route jusqu'au Gard : pas moins de 7 de nos 10 conseillers municipaux sont de la partie, par exemple, ainsi que nombre de militants locaux des Verts comme d'Europe Ecologie. Nous avons grand plaisir à nous retrouver et à partager ces moments, reconnaissons-le, vraiment euphorisants, entre discours passionnés, débats passionnants, discussions enflammées... et sans oublier de faire la fête.
C'est bien entendu la foule des grands jours qui participe au débat du vendredi soir autour de Dany Cohn-Bendit, Eva Joly, José Bové, Cécile Duflot ou encore Yannick Jadot, animé par Edwy Plénel. Le grand amphi de la fac, installée au coeur du site Vauban, est plein à craquer et chacun agite son éventail. C'est aussi l'affluence dehors, sous les oliviers, un verre à la main, pour tendre l'oreille et réagir à l'écran géant qui retransmet les échanges des "ténors". Eva Joly nous parle d'éthique, de justice ou encore de non-cumul des mandats, "on est en train de créer un imaginaire politique de la victoire de l'écologie" lance Yannick Jadot, "c'est le seul lieu innovant" conclut Emmanuelle Cosset, ex-présidente d'Act Up. A côté d'elle Christine Taubira (PRG) acquiesce...
Mais les Journées d'été, ce n'est pas que ce côté spectaculaire et hautement médiatisé. Ce sont aussi des kyrielles d'ateliers, de réunions, de débats, de rencontres souvent informelles. On écoute les spécialistes de toutes sortes de sujets exposer leurs analyses, on y échange ensuite, on échaffaude, on propose, on se met en marche pour appliquer de nouvelles politiques, on se motive, on mutualise, on s'organise,... Depuis les agendas 21 (ou 22) jusqu'aux logiciels libres, de l'agriculture péri-urbaine aux stratégies géopolitiques sur le Tibet, de la problématique Rom dans les grandes villes à l'écologisation du tourisme, le plus dur pour le militant ou le sympathisant comme pour l'élu studieux est de faire son choix.
Et les élections régionales ? Elles sont au coeur de bien des discussions. Jean-Luc Roumégas, porte-parole national des Verts, résume ainsi :"à la mi-septembre seront créés les comités régionaux d'Europe Ecologie, un par région, qui travailleront sur la campagne et la constitution des listes. Les têtes de liste devraient être désignées début novembre. On va faire une campagne positive, pas "anti". "
La conclusion ? Elle revient au "haut parleur" et beau parleur Dany Cohn-Bendit :"nous avons des responsabilités, il nous faut continuer. Certes, ce n'est pas facile, mais c'est tout de même plus facile quand on a du succès. Comme on n'avance jamais si bien qu'en marchant, il nous faut poser pas à pas les jalons de ce que sera le réseau Europe Ecologie, et l'inscrire durablement dans le paysage politique français. En faire une force nouvelle et moderne qui pose et résout les problèmes d'une autre manière. D'autant qu'ils ne peuvent être résolus par un seul parti..."

Commentaires
C'est vrai qu'il a fait très chaud, c'est vrai qu'il y avait du monde et c'est vrai que la multitude des ateliers proposés nous a permis d'aborder des sujets très variés. Entre l'intégration du genre en politique, la conversion de l'économie ou encore la réforme territoriale....plein de sujets qui me changent de l'énergie. C'est ça aussi les journées d'été des Verts, un temps pour s'enrichir, s'ouvrir, s'informer et participer. Pascale.
Si vous souhaitez en savoir plus sur la phrase "c'est le seul lieu innovant", vous pouvez retrouvez une analyse d'Emmanuelle Cosse (et non Cosset) sur le blog d'Ecolosphere : http://ecolosphere.net/archives/696...
Carnet de route à Nîmes d’un novice de journées d’été politiques
Arrivé en Camion aménagé,
Je rejoins Gilles, Jean Marc et Michelle en attendant François, Arlette et Bernard devant les arènes.
Après une bière chaude et une brandade sans morue, nous nous sommes quitté pour nos hébergements respectifs car outre la température ambiante, ça risquait d’être chaud dès le lendemain matin avec « un œil sur la planète : de Kyoto à Copenhague »
Cà n’a pas loupé avec Sandrine Mathy (Réseau Action Climat) Geneviève Azam (ATTAC) Pierre Radamme et Gus Massiah et surtout Yannick Jadot qui fait des propositions d’actions très structurées en déclarant «Copenhague doit être une réussite. Aujourd’hui, les objectifs portés par la France et l’Europe sont insuffisants.»
Aux journées d’été des Verts et d’Europe Ecologie, on a aussi cherché à réinventer le rassemblement. Forts de notre succès aux élections européennes de juin dernier, nous qui nous définissons comme un «réseau» - et non un parti - voulons désormais l’étendre et lui faire prendre de l’ampleur. Daniel Cohn-Bendit, José Bové, Eva Joly, Cécile Duflot, Yannick Jadot: ils sont tous là pour en parler. Un sujet qui nous passionne puisque la séance plénière jeudi soir a fait le plein dans l’amphi, et qu’elle était en plus retransmise en vidéo dans deux autres amphis et à côté du Bar bio.
Quand Edwy Plenel, de Mediapart et animateur de la soirée interroge Christiane Taubira sur son éventuel ralliement à Europe Ecologie pour les élections régionales, la réponse n’est pas directe, tout est dans le sous-entendu... «Je suis désespérée par l’état de la gauche. C’est ici que ça bouge, qu’il y a le débat» et elle soutient les valeurs de gauche.
Autre figure importante: Eric Loiselet, le co-animateur du pôle écolo du Parti socialiste. Viendra, viendra pas? La question n’est pas encore tranchée, car parmi le pôle écolo, beaucoup sont très attachés au PS. Néanmoins Eric Loiselet l’affirme: idéologiquement, il se sent très proche d’Europe écologie.
Pour José Bové, le combat écologiste touche tout le monde: «Il n’y a plus de différence entre ceux qui ont peur de la fin du mois et ceux qui ont peur de la fin du monde».
Et Daniel Cohn-Bendit, qui veut «changer la gauche et défier la droite sur son terrain» l’affirme: «s’il faut y aller avec le MoDem, on ajoute le MoDem, et s’il faut ajouter les autres, on les ajoute, parce qu’ils ont des idées! Ça fait partie de la société française, merde! Vous voulez avoir une majorité ou vous voulez avoir raison? Il faut aller chercher les gens là où ils sont et non là où vous êtes!»
Jusqu’où aller pour garder cohérence et unité? C’est ce que Dany - celui qui fait peur au PS, selon Libération - nous demande de définir. Cécile Duflot, elle, ne veut pas «demander de rejoindre Europe écologie», mais appelle plutôt à «faire ensemble» ce nouveau réseau. «C'est simple, ce n'est pas écrit. Il y a urgence, il faut répondre à la crise. On n'a pas la solution. Mais il faut essayer. Se mettre autour de la table et essayer. Personne ne va rejoindre personne. On inventera au quotidien ensemble. Et peut-être, peut-être, on gagnera.»
Lendemain matin 8h30
Après avoir croisé Jacques, Patricia, Stéphane, Marie Elisabeth nous échangeons avec Gaby qui est consulté par quart d’heure, comme dans un cabinet de psychiatre. Gaby s’énerve de ne pas avoir de tribune pour son association « les amis d’Europe Ecologie »
Mais il est temps d’aller à la plénière sur le désarmement nucléaire avec Dominique Lalanne, Catherine Grèce, Abraham Behar, Cédric Poitevin et Jacques Müller
Mais ce qui m’intéresse se déroule à l’amphi 5 à 11h : Europe Ecologie, quel bilan, quelles perspectives l’atelier animé par André Gattolin et Pascal Durand (directeur de campagne des Européennes ) et Cécile Duflot.
Erwan Lecoeur, Malik Larabi et Jean Daniel Levy analysent devant nous les résultats du 7 juin et les évolutions du vote écologique depuis 20 ans, on nous parle de mutants, de vote pour l’âme, de volatilité et de durabilité.
Après une paella, direction la salle B002 dans l’atelier libre parole sur Europe Ecologie : Réseau, Nouvelle forme de parti, Mouvement, Fédération ; avec comme objectif de proposer des pistes pour aborder la phase II du rassemblement au delà de l’échéance des élections régionales.
Faire vivre le site Europe Ecologie, s’appuyer sur les comités locaux quitte a les labéliser, préconiser la double appartenance, s’interroger sur les courants à l’intérieur des Verts, construire des déclinaisons locales du programme Européen, pas refaire un nouveau parti, rechercher des financements semblent faire consensus.
19H30 Comment faire vivre le réseau Europe Ecologie, cet Objet Politique Non Identifié (OPNI) ? Imaginons ensemble son futur ?
Voilà ce que je retiens de la soirée animé par Dany et Cécile
Europe Ecologie veut-elle grandir indépendamment de la gauche ou de la droite ? Non. Daniel Cohn-Bendit le dit clairement "il faut répondre aux angoisses de la société française pour qu'elle ne se laisse pas toujours attirer par la droite". En clair, les écologistes appartiennent toujours politiquement au vaste camp de la gauche et n'ont pas vocation à faire des alliances avec l'UMP. Et s'ils sont bien décidés à partir seuls au 1er tour dans quasiment toutes les 22 régions françaises, ils sont favorables à des alliances au 2nd tour avec le PS pour continuer à diriger ensemble mais en obtenant le maximum de conseillers régionaux et influencer sur des dossiers sensibles.
Quelle est la finalité politique d'Europe Ecologie ? Cet ovni dans le paysage politique français a pu surprendre mais nous sommes persuadés que le PS est aujourd'hui trop malade pour être le seul pivot d'une future majorité alternative à Nicolas Sarkozy. Conséquence, nous voulons faire de l'écologie politique un outil de transformation de la gauche française. "La transformation de la gauche ne passe pas par des accords d'appareil mais par des changements dans le peuple de gauche", estime Dany. A ses yeux, comme dans le reste des pays européens, ce qui se joue, c'est le passage de la social-démocratie du XXe siècle à l'écologie politique du XXIe siècle.
De quoi doit parler Europe Ecologie ? De tout et pas seulement des problèmes d'environnement. "Aujourd'hui, la droite ne répond pas aux crises, à toutes les crises, mais elle est en phase avec la société. On n'arrivera à changer cela que si la gauche se remet en phase avec toute la société", plaide Dany. "Europe Ecologie doit répondre aussi bien aux questions d'environnement, d'économie que sur les problèmes de l'immigration, de l'enseignement ou de la sécurité", dit-il.
Comment va s'organiser Europe Ecologie ? Parce que "les solutions ça ne se trouve pas dans les serres", ce rassemblement, dont font partie les Verts, les amis de José Bové et de Nicolas Hulot ainsi qu'une myriade d'associations environnementales, va se structurer. Le principe d'une adhésion au "Réseau Europe Ecologie", jusqu'alors nébuleuse sans structure, a été acté à Nîmes. La double appartenance sera autorisée: les syndicalistes ou les militants des Verts pourront Adhérer. Le mouvement lancera des ateliers de réflexion à l'automne en parallèle à la rédaction des projets pour les régionales.
Quel va être le rôle de Daniel Cohn-Bendit jusqu'aux régionales ? " Celui d'animateur", répond-il. "Je ne ferai pas 22 meetings dans les 22 régions (...). Je continue à faire de la politique mais je ne serai plus candidat à rien" a-t-il affirmé à Libération. Et de répéter depuis des mois qu'il n'est pas du tout intéressé par une éventuelle candidature à la présidentielle. "Vraiment ce n'est pas mon truc. J'aime trop la vie".
Quelles propositions de Dany pour transformer l’essai ?
10 000 adhérents et une souscription de 1 million d’ici décembre, et suppression des courants chez les Verts.
Pour nous, ce soir c’est courant Couscous pendant les réunions dites de sensibilités (sic).
La dernière journée commence par la réunion du Conseil Politique Régional des Verts des Pays de la Loire (CPR)
de 8h30 à 11h30, présents une soixantaine d’adhérents verts, certains ont du mal à rester éveillés
Suite à l’adoption fin juillet, à l'unanimité, d’une motion stratégique en trois points :
[Le CPR des Verts Pays de la Loire décide de prolonger la dynamique Europe Ecologie et engage toutes les démarches pour la constitution d’une liste de Rassemblement des Ecologistes « Europe Ecologie Pays de la Loire » pour les élections régionales de mars 2010,
Les Verts prennent l’initiative de constituer un Comité d’Animation Politique (CAP) régional d’Europe Ecologie au sein duquel seront créés des groupes de travail sur l’élaboration du projet et la conduite de la campagne,
Le Conseil Politique Régional des Verts Pays de la Loire demande à Jean-Philippe Magnen, Porte-parole de la campagne des Européennes, de conduire ce processus comme chef de file et de prendre tous contacts et dispositions pour faire aboutir ce processus.]
Cette motion devant être soumise à l’ Assemblée Régionale Extraordinaire convoquée pour le 20 septembre prochain à Angers, il convenait au CPR d’en définir le format.
La stratégie ne souffre d'aucune ambiguïté, toutefois sous couvert de démocratie, d’organisation, on sent poindre des divergences subtils: tous veulent voir grandir les responsabilités des écologistes, tous veulent constituer des majorités avec la gauche mais il y a ceux qui sont dans le temps des pleurs (principalement certains élus actuels) et qui veulent négocier avec Auxiette avant et ceux qui veulent poursuivre Europe Ecologie en autonomie et négocier entre les 2 tours en fonction des résultats.
Impressions bizarres, suite au prochain numéro le 20 septembre, je ne suis pas sur que les Non-verts invités ce jour là seront enthousiasmés à l’idée d’entendre le bilan des sortants plutôt que de definir les bases d’un projet régional.
Après un ultime déjeuner, je regarde d’un œil distrait le débat sur la réforme territoriale et décide de prendre la route vers Saint Nazaire via L’Auvergne.
En Conclusion, je ne regrette pas d’avoir participé à ces journées, j’ai trouvé les éclairages que j’attendais pour poursuivre l’aventure et j’ai eu un guide super pro en la personne de Gilles.
Yves Marzelière