Pour y parvenir, les discours ne suffisent pas : il faut dès aujourd’hui lancer une mise en oeuvre franchement ambitieuse de cette Contribution énergie climat pour que la France respecte ses engagements internationaux sur les émissions de gaz à effet de serre. Du pain sur la planche et de grandes décisions, à prendre dès maintenant.

C’est dans ce but qu’est sorti, en 2008, le rapport "Quinet", du Centre d'analyse stratégique. Ce rapport a permis d'aboutir à un compromis entre les représentants de l'administration, des ONG de protection de l'environnement, des syndicats et des entreprises (de la haute voltige !) autour d'un prix du CO2 démarrant à 32 euros en 2010 et augmentant de 5% par an, jusqu'à 56 euros en 2020 et 100 euros en 2030 - déduction faite de l'inflation.

Tout cela pourtant sans compter sur la consommation d'électricité, non mentionnée dans ce rapport - qui par conséquent fait la part belle au chauffage électrique – tout comme le N2O entraîné par l'utilisation des engrais azotés, qui compte pour 9% des émissions de la France. Mais au moins, les préconisations incluses dans ce rapport constituent un beau progrès, le mieux étant l’ennemi du bien, comme chacun sait…

Or, en découvrant les récentes déclarations d'Eric Woerth, de Chantal Jouanno ou encore de Christine Lagarde, les bras nous en tombent… Nos ministres demandent en effet ni plus ni moins que le prix de la tonne de CO2 soit inférieur de moitié à celui proposé par le rapport Quinet ! Les experts le disent, l'objectif français de réduction des émissions ne pourra jamais être atteint à ce tarif là et il n'est pas question de faire de l'écologie exclusivement à destination des bobos, ainsi que vous l'avez lu dans ce même blog dans notre réponse à Jean-Marc Ayrault.

Le prix annoncé par les experts est conforme à l'enjeu auquel nous devons collectivement faire face. Celui annoncé par le gouvernement est tout simplement largement en dessous des enjeux planétaires et sociaux. "Europe Ecologie, c'est l'union de ceux qui craignent la fin du mois et de ceux qui craignent la fin du monde", avons-nous pu entendre aux Journées d'été des Verts, à Nîmes, la semaine passée. Trouver de l'argent pour sauver la planète et les équilibres Nord/Sud semble bien plus compliqué et utopiste que de sauver le système bancaire. Ah, c'est beau, l'écologie de droite...

Pascale CHIRON