CCE, taxe carbone… en clair, c’est quoi ?
Par élus verts le lundi 14 septembre 2009, 14:58 - Analyses - Lien permanent
Son vrai nom c’est Contribution
Climat-énergie, initiales CCE pour aller plus vite… alias « taxe
carbone » pour que chacun comprenne de quoi il s’agit. Le débat bat son
plein. Mais avant de nous lancer dans de grandes envolées, que diriez-vous de
quelques explications de base ? Voici un condensé de moult articles de
presse, sites et blogs.
Lors de la dernière élection présidentielle, Nicolas Hulot a remis la taxe
carbone au goût du jour avec son Pacte écologique, signé par la plupart des
candidats, dont Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. En avril dernier – soit bien
avant les propositions de Michel Rocard – les députés Verts avaient déposé une
proposition de loi visant à créer une "contribution climat-énergie" qui élargit
la contribution à l’ensemble des énergies non-renouvelables et redistribue
l’intégralité des recettes de la taxe.
Reprise sous l’appellation de "Contribution Climat-Énergie" (CCE) dans le
Grenelle de l’environnement, elle est encore largement débattue, tant à gauche
qu’à droite. Son objectif ? A travers une fiscalité incitative, il s’agit
de contribuer à diviser par quatre les émissions de CO², principal gaz à effet
de serre, à l’horizon 2050. Rien de moins. Mais c’est le « minimum vital
».
Que va-t-on taxer ? Le gouvernement évoque une CCE qui
taxerait les biens et les services en fonction des émissions entraînées par
l’utilisation de combustibles fossiles lors de la fabrication, le transport et
la consommation d’un produit ou la délivrance d’un service. L’augmentation du
prix de l’énergie devrait encourager la baisse des consommations.
Qui peut-elle concerner ? Tout le monde : les
particuliers comme les administrations et les entreprises. Sauf que certaines
entreprises sont déjà soumises au système de quotas d’émissions européen :
les producteurs d’électricité et de chaleur ainsi que les industries les plus
consommatrices d’énergie.
Comment la calculera-t-on ? Tout dépend du mode de taxe retenu. Dans le cas d’une taxation sur les produits, évoqué dans le Livre Blanc, il faudra déterminer le poids en carbone de chacun de ces produits. Pour cela, il faudra inclure l’énergie utilisée pour réaliser chacune des pièces du produit, l’acheminement de ces pièces, leur transformation en usine, le transport vers les lieux de distribution et pourquoi pas, le processus recyclage une fois le produit usagé. Un véritable casse-tête. Le prix du CO2 sera fixé par avance par l’État.
C’est dans ce but qu’est sorti, en 2008, le rapport "Quinet", du Centre d'analyse stratégique. Ce rapport a permis d'aboutir à un compromis entre les représentants de l'administration, des ONG de protection de l'environnement, des syndicats et des entreprises (de la haute voltige !) autour d'un prix du CO2 démarrant à 32 euros en 2010 et augmentant de 5% par an, jusqu'à 56 euros en 2020 et 100 euros en 2030 - déduction faite de l'inflation.
Mais contre tous ces avis d’experts et d’associations ; le gouvernement ne se résout pas à aller plus loin que 17 € par tonne. Appliqué aux différentes sources, ce prix du carbone correspondra à une hausse d’environ 7 centimes du prix du litre d’essence ou de 1 centime du Kwh de gaz.
Qu’est-ce qu’une tonne de CO² ? A titre d’exemple, une
petite voiture émet 100 à 150 g de CO² à chaque km - jusque 250 g pour un 4X4.
Le passager d’un aller-retour Paris-Marseille en avion est, quant à lui, cent
fois plus responsable d’émission de CO² avec 150 kg dans l’atmosphère ! Le
moins polluant des moyens de transports motorisés restant le bus, avec 75 g par
passager et par km.
Peut-elle se limiter à la France ?
Les entreprises s’inquiètent : en faisant peser une nouvelle charge sur
les entreprises, la CCE risque-t-elle de plomber leur compétitivité ? Non,
assure le gouvernement, car elle pourra être compensée par la baisse de
certaines charges. Pour autant, il ne faut pas abandonner l’idée du CCE au
niveau européen permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre à
plus grande échelle. Un chantier sur lequel la Suède, actuelle présidente de
l’UE, a promis de se pencher.
Comment compenser cette nouvelle charge fiscale ?
Jean-Louis Borloo, Christine Lagarde et Michel Rocard ont tous trois insisté
sur le fait que "cette taxe ne serait pas un prélèvement supplémentaire". En
clair, elle ne doit pas avoir d’impact sur le pouvoir d’achat des consommateurs
ou la compétitivité des entreprises. La solution ? Supprimer d’autres
prélèvements comme la taxe professionnelle sur les entreprises (à l’étude en ce
moment à Bercy). L’association UFC-Que choisir précise, elle, qu’il sera "
nécessaire d’accorder une plus grande compensation aux ménages ruraux qui sont
particulièrement captifs des déplacements routiers et dont la surtaxation
serait fort injuste"."
Combien va-t-elle rapporter ? Aujourd’hui, on estime que la
CCE pourrait rapporter entre 8 et 12 milliards d’euros par an lors des
premières années. Qui seront redistribués aux entreprises et aux particuliers
par une réduction d’autres impôts comme par exemple, les charges sur le
travail. Problème : "Moins on va polluer, ce qui est en soi l’objectif,
moins la taxe carbone va rapporter", remarquait récemment Martine Aubry. Cette
nouvelle ressource fiscale souffrirait donc d’abord d’un problème de
pérennité.
Quelle sera son évolution ? Concrètement, l’idée serait de partir d’un niveau assez bas, acceptable économiquement et socialement, tout en indiquant clairement que le taux est appelé à croître dans le temps avec le prix des énergies fossiles. Il faut prévoir une imposition qui doit être faible, très faible au départ, puis de plus en plus forte. La CCE devrait faire partie de la loi sur les Finances de 2011.
Commentaires
• Pour que cette compensation carbone soit efficace, il faut donc qu’elle soit à un niveau suffisamment élevé, pour d’une part renchérir significativement les énergies et les pratiques à fortes émissions de CO2, et d’autre part, pour que la rente à redistribuer soit significative.
• Pour être équitable, aucune utilisation d’énergie fossile ne devrait y échapper, il s’agit donc de faire payer cette contribution carbone à l’entrée sur le territoire national des ressources énergétiques importées : pétrole, gaz naturel, charbon… Toutes les activités industrielles, commerciales, domestiques la subiront
je trouve,désastreux de s'en prendre à une population déjà accablée de taxes,sous prétexte de sensibilisation .
Vous l'avez compris je veux parler de la taxe carbone.
la France petit pays de 67 millions d'âmes sur bientôt sept milliard d'individus dans le monde va devoir mettre la main à la poche une fois de plus pour donner l'"exemple",alors que la chine et l'inde ,pays émergeants qui polluent à tour de bras ne se soucient guère de leur rejets dans l'atmosphère .
Ne nous prenez pas pour des gamins qu'il faut punir ,nous sommes conscients du désastre qui se profile .
C'est l'état qui est responsable en France ,la technologie propre existe depuis dix ans ,il fallait se lancer et forcer les constructeurs automobiles à s'adapter (Toyota prius par exemple) mais le pétrole rapporte tellement à l'état qu'il faut garder la poule aux oeufs d'or et ponctionner encore et encore le contribuable.j'ose espérer que les français vont enfin réagir.