La grippe A fait polémique…
Par élus verts le lundi 14 septembre 2009, 09:35 - Analyses - Lien permanent
Véritable danger ? Menaces sur les
libertés ? Vaccins dangereux ? Au fil des jours, les questions se
démultiplient, avec au cœur de la tempête : la grippe H1N1.
Ce qui est sûr, c’est qu’à partir de l’alerte lancée par l’OMS (organisme
mondial de la santé) les autorités publiques françaises se sont précipitées
pour prendre des mesures drastiques : commande massive de masques et de
vaccins, diffusion large de messages de prévention, mise en place de dispositif
en cas d’alerte dans les écoles… etc. Coût estimé à 1,5 milliard
d’euros.
Notre ministre de la santé n’en fait-elle pas un peu trop ? Un large
consensus se profile pour dire que ce nouveau virus est aujourd'hui extrêmement
contagieux, mais peu virulent. Les vaccins seront-ils prêts à temps, dans des
quantités suffisantes? Des interrogations persistent d'ailleurs sur son
efficacité.
André Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses, membre de l'Académie
de médecine et ancien président de la Croix-Rouge précise que « Le poids
qu’on attribue à la grippe A est indécent par rapport à l’ensemble de la
situation sanitaire dans le monde ». Comme l’indique ce mois-ci le monde
diplomatique, en 8 mois la grippe A a tué 2200 personnes dans le monde. Comparé
aux 300 000 personnes qui succombent chaque année à la grippe saisonnière, au
un million d’enfants tués par la gastro-entérite, aux 25 millions de morts du
Sida, on peut effectivement se poser la question.
Les mesures de prévention de l'épidémie de grippe A ne doivent pas masquer
la réalité: la prévention reste la grande oubliée de la dernière réforme
hospitalière. Dommage que l'éducation aux gestes de prévention ne soit pas
répétée systématiquement chaque automne pour réduire l'impact des épidémies de
grippes saisonnières et gastro-entérites.
Face à la polémique, les collectivités s’efforcent de suivre le dispositif
imposé par les préfets. Comme à Nantes, où le plan de l’Etat sera appliqué à la
lettre. Parallèlement, il s’impose, de demander à l’Etat que la plus grande
transparence soit appliquée dans le suivi de l'épidémie attendue.
