Ce qui est sûr, c’est qu’à partir de l’alerte lancée par l’OMS (organisme mondial de la santé) les autorités publiques françaises se sont précipitées pour prendre des mesures drastiques : commande massive de masques et de vaccins, diffusion large de messages de prévention, mise en place de dispositif en cas d’alerte dans les écoles… etc. Coût estimé à 1,5 milliard d’euros.

Notre ministre de la santé n’en fait-elle pas un peu trop ? Un large consensus se profile pour dire que ce nouveau virus est aujourd'hui extrêmement contagieux, mais peu virulent. Les vaccins seront-ils prêts à temps, dans des quantités suffisantes? Des interrogations persistent d'ailleurs sur son efficacité.

André Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses, membre de l'Académie de médecine et ancien président de la Croix-Rouge précise que « Le poids qu’on attribue à la grippe A est indécent par rapport à l’ensemble de la situation sanitaire dans le monde ». Comme l’indique ce mois-ci le monde diplomatique, en 8 mois la grippe A a tué 2200 personnes dans le monde. Comparé aux 300 000 personnes qui succombent chaque année à la grippe saisonnière, au un million d’enfants tués par la gastro-entérite, aux 25 millions de morts du Sida, on peut effectivement se poser la question.

Les mesures de prévention de l'épidémie de grippe A ne doivent pas masquer la réalité: la prévention reste la grande oubliée de la dernière réforme hospitalière. Dommage que l'éducation aux gestes de prévention ne soit pas répétée systématiquement chaque automne pour réduire l'impact des épidémies de grippes saisonnières et gastro-entérites.
Face à la polémique, les collectivités s’efforcent de suivre le dispositif imposé par les préfets. Comme à Nantes, où le plan de l’Etat sera appliqué à la lettre. Parallèlement, il s’impose, de demander à l’Etat que la plus grande transparence soit appliquée dans le suivi de l'épidémie attendue.