Taxe carbone : la trahison d’une bonne idée
Par élus verts le mardi 15 septembre 2009, 15:50 - Analyses - Lien permanent
En complément de la position des élus
Verts de la ville de Nantes sur la CCE, alias "taxe carbone" (voir autres
articles sur ce même blog), voici le communiqué de presse d'Yves Cochet, député
Vert, auteur de l'ANTIMANUEL D’ÉCOLOGIE. Son site :
http://www.yvescochet.net.
L’idée était bonne. Le principe était juste. Mais le président Sarkozy est passé à côté de son sujet. C’est un gâchis politique. Plusieurs erreurs ont été commises :
1/ La taxe carbone proposée n’a pas une assiette assez large. Elle n’inclut pas l’électricité qui est pourtant elle aussi émettrice de CO2. Elle ne peut donc pas être proposée aux Etats-membres européens. Elle contribue par là à intensifier le recours au chauffage électrique.
2/ Les taux proposés sont trop faibles pour être incitatifs. La hausse de 4 centimes le litre d’essence est encore plus basse que les fluctuations trimestrielles des prix du marché. Le signal prix n’est pas efficace.
3/ Pas un mot n’a été dit sur la progression annuelle de cette taxe jusqu’en 2030. Comment les ménages et les entreprises peuvent-elles planifier leurs investissements ?
4/ Hésitations sur l’agriculture et la pêche, pourtant fortement carbonées.
5/ Les mécanismes de compensation sont mesurés sur deux critères : la taille de la famille et la situation géographique. L’absence de critère sur les revenus maintient les inégalités fiscales.
Le Président Sarkozy a utilisé les grands mots en puisant dans le langage écolo : « économies d’énergie, énergie solaire, rénovation thermique, équilibre et survie… ». Il dévoie la pensée écologiste médiatisée par le pacte de Nicolas Hulot lors des présidentielles pour en faire un simple effet d’annonce marketing à l’efficacité douteuse.
Fidèle à l’illusion de la « croissance durable » ou de la « croissance verte » à laquelle il s’accroche comme à une formule magique, il reconnaît lui-même dans son discours « On a fait le minimum », avouant son manque de conviction. Les écologistes ne sont pas dupes de cette comédie verdâtre.

Commentaires
Les économistes sont généralement d’avis que le meilleur moyen de lutter contre une pollution, c’est de lui attribuer un prix. Il existe deux façons de faire cela : instituer une taxe carbone, c’est à dire fixer ce prix d’autorité, ou instituer un marché de droits à polluer, c’est à dire fixer d’autorité un volume d’émissions de gaz carbonique qui ne sera pas dépassé, laissant au marché le soin de fixer le prix du carbone. En situation de parfaite connaissance du coût de la baisse de la pollution et des dommages environnementaux associés, ces deux solutions sont identiques. Aussi, bien qu’ayant une légère préférence pour les permis, (encore que…) je considèrerai dans ce billet qu’une taxe carbone est identique en ceci qu’elle fixe un prix.