Copenhague : OUI, un accord est possible selon Ronan Dantec
Par élus verts le samedi 10 octobre 2009, 11:23 - Copenhague 2009 - Lien permanent

Voici - presque en direct - l'intégralité du discours de clôture de
Ronan Dantec à Bangkok (voir articles précédents dans ce même
blog).
Monsieur le Président, chers délégués,
Je vous remercie de me donner l’occasion d’intervenir devant vous au nom des réseaux mondiaux de collectivités locales rassemblées dans la Local Governement Climate Roadmap, animée par ICLEI et CGLU, les principaux réseaux de gouvernements locaux et sub-nationaux.
Quelles que soient les difficultés que vous rencontrez actuellement dans ces négociations, nous savons tous néanmoins que nous avons l’obligation de trouver, à Copenhague, un accord à la hauteur des enjeux pour réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre.
C’est le message porté par les gouvernements locaux, les maires et leaders régionaux de tous les continents.
Qu’ils soient ainsi rassemblés dans une demarche commune est un symbole fort. C’est la démonstration que OUI l’union est possible, OUI l’accord est possible.
Nous nous engageons à participer à l’indispensable effort commun. Déjà, nos collectivités mènent des actions ambitieuses, coopèrent entre elles et partagent leurs expériences. Depuis 1990, les actions menées volontairement par les autorités locales, des pays développés comme des pays en développement, ont prouvé que des réductions importantes d’émissions de gaz à effet de serre pouvaient être réalisées dans la construction, les transports, la gestion des déchets, l’énergie et la planification urbaine.
Depuis Bali, pays développés et pays en développement reconnaissent l’importance des partenariats entre les différents niveaux de gouvernement. Les soumissions officielles portées par de nombreuses Parties expriment ce point de vue. Nous pensons que cette vision commume aide a renforcer la nécessaire confiance entre Parties sur la route de Copenhague.
En tant que gouvernements locaux, nous respectons parfaitement le rôle de négociation et de décision des Parties. Mais, pour assurer le succès des mesures que vous déciderez, notre expérience et notre rôle devra être clairement reconnu. Nous comprenons les efforts des Parties à réduire le texte, et nous ne cherchons pas a apparaitre dans chaque phrase du texte. Mais au vue de l’importance des actions que nous pouvons et devons engager, il serait incompréhensible que notre rôle ne soit pas clairement mentionné dans plusieurs chapitres :
- Dans le chapitre sur l’atténuation, pour les pays développés comme pour les pays en développement, le texte final doit rappeler qu’atteindre les objectifs nationaux exige l’association et la mobilisation de tous les niveaux de gouvernement.
- Dans le chapitre sur l’adaptation, nous notons avec satisfaction que notre rôle est clairement reconnu car c’est bien au niveau des collectivités territoriales que se prendront nombre des nécessaires mesures d’adaptation.
- Quels que soient les mécanismes de financement ou de capacité à faire que vous adopterez, ils devront permettre le soutien aux actions locales.
Mais ceci ne prend tout son sens que si dans la vision partagée, vous gardez une claire référence à la recherche d’une participation active de tous, que ce soit les acteurs gouvernementaux, y compris les gouvernements locaux et sub-nationaux, ou les acteurs non-gouvernementaux, les entreprises et la société civile.
De conférence en conférence, nous voyons que la négociation évolue vers une prise en compte plus forte et la mise en valeur de ce que chaque acteur, dans chaque Etat, peut faire concrètement.
Porteurs de milliers d’actions déjà engagées par les autorités locales partout dans le monde, nous pouvons contribuer fortement à cette dynamique.
Il ne s’agit pas seulement de dire ‘oui, nous pouvons’ - ‘Yes we can !’, le message des autorités locales aujourd’hui est ‘oui nous agissons déjà’ - ‘Yes we do !’
C’est le message de responsabilité que nous souhaitions vous apporter.
Ronan Dantec
