Propositions vertes pour le vélo
Par élus verts le jeudi 29 octobre 2009, 12:20 - Le Journal des EluEs VertEs de Nantes - Lien permanent

Dans un bulletin des élus nantais "spécial déplacements et mobilité",
on pouvait s'attendre à ce que les Verts s'expriment longuement et clairement
sur la place du vélo... c'est chose faite.
Un an et demi après son apparition à Nantes, le système de vélo en
libre-service, le Bicloo, connaît sa première extension : 10 nouvelles
stations créées, quelques stations déplacées. le Bicloo commence à desserrer
son cadre restreint du centre-ville, en s'étendant notamment sur l'île de
Nantes, jusqu'à Pirmil et le Conseil Régional.
Mais couvrir au moins l'intérieur des boulevards de ceinture serait un
minimum ! Il reste également à supprimer cette anomalie qu'est pour nous
l'interruption du service du Bicloo entre 1 et 4 heures du matin. Le Bicloo
serait bien utile pendant cette tranche horaire où les transports en commun ne
fonctionnent pas. Régulièrement pointées du doigt par Place au Vélo dans ses
fiches de signalisation, de nombreux points noirs du réseau cyclable de
l'agglomération subsistent toujours. Mais l'un de ces points noirs vient de
disparaître (voir article sur la rue Dufour dans ce même blog).
Annoncé depuis plusieurs mois, le futur plan vélo de Nantes Métropole qui, selon une formule maintenant souvent reprise, ne devrait pas "être de l'eau tiède", se dévoile peu à peu. Une version de travail a été envoyée à l'association Place au Vélo, qui a fait des contre-propositions. Il était normal que sur ce thème qui nous est cher, les élus Verts rencontrent Place au Vélo.
C'est ce que nous avons récemment fait. Voici d’ailleurs un certain nombre
de nos propositions pour enrichir ce plan vélo.
- en priorité, lutter contre les discontinuités cyclables et supprimer les points noirs recensés par l’association Place au Vélo.
- Prévoir des stationnements abrités et sécurisés aux arrêts de bus et tramway
- s'engager dans la suppression du stationnement en épi, très dangereux pour les cyclistes, en retraitant prioritairement les points noirs comme le bd Victor Hugo et la rue Général Buat
- Passer de 1000 à 2000 places de stationnement vélo supplémentaires dans les 38 parkings relais (P+R)
- intégrer systématiquement le stationnement vélo dans toute opération d’urbanisme, toute réalisation d’équipement de quartier
- établir un calendrier de réalisation des continuités cyclables sur les axes à fort potentiel (par exemple, 2 axes par an jusqu'en 2014)
- continuer à étendre le périmètre du Bicloo et supprimer l'interruption de service entre 1 et 4 heures,
- mettre en place des systèmes de locations de vélos dans les communes périphériques pour qu’il ne soit pas réservé au seul centre-ville
- clarifier les compétences entre Nantes Métropole et le Conseil Général, pour réaliser des aménagements cyclables le long des routes départementales qui se trouvent sur le territoire de l'agglomération
- Soutenir davantage Vélocampus, tout d'abord en leur fournissant un local qui leur permette de proposer plus de vélos à louer, pour répondre à la demande des étudiants. Passer de 300 à 400 vélos à louer par an serait insuffisant : Nantes compte 48.000 étudiants...
- proposer une prime pour l'achat d'un nouveau vélo, comme le fait la ville de Vienne : la capitale autrichienne offre une prime de 70€ pour le recyclage des vieilles bicyclettes. Pour toucher la prime, le bénéficiaire doit céder son vieux vélo et justifier de l'achat d'un nouveau, d'une valeur d'au moins 140€
- signer la "charte de Bruxelles" : les villes signataires s'y engagent à atteindre 15% de vélo à l'horizon 2020 et à prendre pour cela toutes les mesures nécessaires
- Ce qui signifie… augmenter sensiblement le budget vélo : passer de 1 à 6 millions d’€ par an. C’est beaucoup ? Le budget vélo à Lyon sera de 90 M€ pour la période 2009-2014

Commentaires
"s'engager dans la suppression du stationnement en épi, très dangereux pour les cyclistes, en retraitant prioritairement les points noirs comme le bd Victor Hugo et la rue Général Buat"
Terrible pour les cyclistes, cette rue du Général Buat, mais au demeurant beaucoup moins que cette portion de la N23 qui mène du croisement du périphérique au Chemin nantais et que j'ai empruntée quatre fois par jour, de jour comme de nuit, durant plusieurs mois. Au point que, de nuit, je préférais rouler A GAUCHE, le long du bas-côté, pour ne pas risque de me faire faucher par l'arrière par les véhicules à moteur, malgré ma lumière et mon très seyant gilet jaune...
Au sujet du stationnement en épi, il est bien dommage d'en envisager la disparition, au prétexte que les automobilistes ne savent pas l'utiliser et que les services municipaux ne savent pas le mettre en place. Mais on ne doit pas être au courant, ici comme ailleurs, des règles du code de la route. Ce que, personnellement, je trouve regrettable.
RH
Quelques commentaires... (le texte de l'article, puis mon commentaire que j'aurais aimé mieux différencier, mais ce n'est pas techniquement possible).
1)en priorité, lutter contre les discontinuités cyclables et supprimer les points noirs recensés par l’association Place au Vélo.
Ces discontinuités me posent un gros problème, dans la mesure où les techniciens-qui-savent (si chers à mon cœur) ont inventé les continuités cyclables, ce curieux marquage au sol qui n'est ni bande, ni piste cyclable, mais qui semble devoir indiquer aux cyclistes qu'ils doivent rouler à droite, et aux autres usagers que les cyclistes roulent à droite... J'y ai vu – mais grande est ma mauvaise foi – un moyen de faire croire aux cyclistes qu'on se préoccupait de leur sort, tout en rassurant les automobilistes sur la place dont ils pourraient continuer à disposer. De plus, ce marquage (rue de la Marrière, par exemple) ne semble répondre à aucun critère rationnel. D'où ma perplexité.
2)prévoir des stationnements abrités et sécurisés aux arrêts de bus et tramway
Pourquoi ne pas rassurer ceux qui craignent pour leur monture ? Mais cela laisse entendre qu'on va prendre le tram en vélo, et qu'on renonce à son mode de transport personnel quand on a le choix entre lui et les transports en commun. Là, je ne vois pas très bien le pourquoi du comment.
3)s'engager dans la suppression du stationnement en épi, très dangereux pour les cyclistes, en retraitant prioritairement les points noirs comme le boulevard Victor Hugo et la rue Général Buat
Dois-je infliger un cours sur le stationnement, tel que prévu par le code de la route et tel que la prudence invite à pratiquer ?
Allons-y.
Ceux qui ont passé leur permis de conduire se rappellent qu'ils ont certainement effectué un “ rangement en bataille ”. Il s'agit de garer son véhicule perpendiculairement au sens de circulation, cette manœuvre s'effectuant en marche arrière. Même si elle est au fond très facile à réaliser (c'est la prise en compte des autres usagers qui est compliquée, et qui provoque le plus souvent l'échec). Une fois le permis en poche, adieu la manœuvre en marche arrière, on se gare “ en super-marché ”, c'est à dire en marche avant (c'est plus facile pour ouvrir le coffre et y vider le contenu du caddy©. Bien sûr, la sortie est plus difficile (en marche arrière, et sans visibilité, ce qui est dangereux, donc interdit par le code de la route), mais comme tout le monde fait comme cela et se méfie, les accidents sont rares (sauf pour les piétons et les cyclistes).
Idem pour le rangement en épi. Si d'aventure (c'est rarissime) vous avez dû faire, le jour de l'examen pratique du permis de conduire, un rangement en épi, il vous été proposé dans un endroit où vous êtes entré dans votre place de parcage en marche arrière. C'est seulement par la suite que vous avez fait vos rangements en épi en marche avant, comme tout le monde et comme cela se fait partout. Car il faut dire que c'est bien plus simple, même si la sortie est plus difficile (en marche arrière, et sans visibilité, ce qui est dangereux, donc interdit par le code de la route), mais comme tout le monde fait comme cela et se méfie, les accidents sont rares (sauf pour les piétons et les cyclistes) - bis repetita placent. Il faut dire, à la décharge des automobilistes, que les municipalités et leurs services techniques, principalement peuplés d'automobilistes qui ont plus ou moins désappris à conduire avec le temps, ont bien coopéré à cette mauvaise habitude, en dessinant sur le sol des emplacements qui obligent les automobilistes à se garer dans le mauvais sens (belle illustration rue du Général Buat). Et quand en plus on n'a pas prévu que la diagonale d'un rectangle est bien souvent plus longue que le plus grand de ses côtés, on ne peut s'étonner d'une situation qui est ce qu'elle est.
Supprimer les rangements en épi ? Pourquoi pas, mais si possible pour une mauvaise raison. Ou les laisser, mais profiter de l'occasion pour rappeler quelques règles et quelques comportements qui n'auraient pas dû être oubliés. Mais là, on s'attaque à un tout autre problème.
4)passer de 1000 à 2000 places de stationnement vélo supplémentaires dans les 38 parkings relais (P+R)
Voilà qui nous ramène à ce point 2). De mon point de vue, il faudrait surtout s'interroger sur la possibilité de transporter son vélo dans les trams, comme cela se fait dans d'autres villes (étrangères, comme Copenhague ou Rotterdam).
5)intégrer systématiquement le stationnement vélo dans toute opération d’urbanisme, toute réalisation d’équipement de quartier
Évidemment. Ce n'est pas déjà le cas ?
6)établir un calendrier de réalisation des continuités cyclables sur les axes à fort potentiel (par exemple, 2 axes par an jusqu'en 2014)
S'il s'agit de créer des pistes (facultatives ou obligatoires, et réservées aux seuls vélos) ou des bandes (idem) cyclables, on ne peut qu'acquiescer, mais encore faut-il définir ce “ fort potentiel ” et savoir compter : cela représente seulement dix axes en cinq ans.
7)continuer à étendre le périmètre du Bicloo et supprimer l'interruption de service entre 1 et 4 heures
Cela semble du bon sens.
8)mettre en place des systèmes de locations de vélos dans les communes périphériques pour qu’il ne soit pas réservé au seul centre-ville
Cela fait penser à l'extension du système bicloo.
9)clarifier les compétences entre Nantes Métropole et le Conseil Général, pour réaliser des aménagements cyclables le long des routes départementales qui se trouvent sur le territoire de l'agglomération
Ceux qui ont, comme moi, roulé tôt le matin ou tard le soir en dehors de la stricte agglomération nantaise (une mention spéciale à la RN23 – il m'est arrivé d'avoir vraiment peur) n'auront pas besoin de beaucoup d'explications pour comprendre que certains axes font penser à des stands de tir au pigeon vivant. Mais une fois les sous dépensés dans certains carrefours giratoires, on comprend mieux qu'on n'ait plus de quoi imaginer que des cyclistes font dix ou quinze kilomètres pour aller travailler... quand il n'y a pas encore ou plus de transports en commun.
10)soutenir davantage Vélocampus, tout d'abord en leur fournissant un local qui leur permette de proposer plus de vélos à louer, pour répondre à la demande des étudiants. Passer de 300 à 400 vélos à louer par an serait insuffisant : Nantes compte 48.000 étudiants...
300 pour 48.000, soit 0,625%. Un effort semble s'imposer.
11)proposer une prime pour l'achat d'un nouveau vélo, comme le fait la ville de Vienne : la capitale autrichienne offre une prime de 70€ pour le recyclage des vieilles bicyclettes. Pour toucher la prime, le bénéficiaire doit céder son vieux vélo et justifier de l'achat d'un nouveau, d'une valeur d'au moins 140€
Bien difficile d'être tout à fait d'accord. Recycler les vieilles bicyclettes, ce n'est pas si simple, et cela coûte relativement cher (voir les tarifs pratiqués à la revente par telle ou telle association). De plus, payer la moitié d'un vélo à 140 euro, c'est assurer une clientèle pour la grande distribution (qui importe à bas prix de pays à bas salaires et basse protection sociale), et non encourager les magasins spécialisés qui offrent un bien meilleur matériel, assurent un service après-vente de qualité et sont un appui incontestable pour la diffusion de la “ culture cycliste ”. Alors, subventionnons, mais du bon matériel, qui dure, qui s'entretient, qui se répare, qui vaut quelque chose, et qu'on a envie de garder. Sans oublier le VAE (vélo à assistance électrique) que son coût d'acquisition rend tout à fait éligible aux subventions ou aux modes de financement soutenus par la puissance publique.
12)signer la "charte de Bruxelles" : les villes signataires s'y engagent à atteindre 15% de vélo à l'horizon 2020 et à prendre pour cela toutes les mesures nécessaires
A l'horizon 2020 !!! Qui sait de quoi 2020 sera fait, et qui veut donc attendre pour atteindre un objectif qui semble bien modeste ? Sans oublier qu'investir dans un vélo, c'est libérer de l'espace, réduire l'usure des équipements, et alléger les investissements en transports publics...
13)Ce qui signifie… augmenter sensiblement le budget vélo : passer de 1 à 6 millions d’€ par an. C’est beaucoup ? Le budget vélo à Lyon sera de 90 M€ pour la période 2009-2014
Ah ! Des sous, toujours des sous ! On aimerait savoir quelle économie pourrait être réalisée en aménageant des giratoires simples et non doubles (que le monde nous envie, mais qui déconcerte les automobilistes étrangers à l'agglomération), ou à base de simple peinture et non conçus pour émerveiller la terre entière avec les produits de l'imagination créatrice de quelques personnages qui restent, hélas, dans l'ombre. Peut-être trouverait-on alors plus facilement ces M€ (millions d'euro) manquants.
Merci d'être allé jusqu'au bout.
Pour ma part, portant toujours un casque en vélo (sans mon casque et mes gants, j'ai l'impression d'être tout nu sur mon vélo...) et ayant vu pas mal de chutes où le casque a sauvé la vie de la personne, je suis pour le port du casque obligatoire.
En revanche, le gilet fluo, je doute de son efficacité : si un automobiliste ne voit pas un cycliste sans gilet fluo, c'est qu'il a une déficience visuelle et ne devrait plus avoir de permis de conduire.
Je n'en dis pas plus sur le sujet, car polémiquer ici est inutile. Quelle que soit notre position individuelle, c'est auprès de ce député et de celui de notre coin qu'il faut s'adresser. Ce sera plus efficace (j'espère...).