Ce Débat d’Orientation Budgétaire se déroule au moment ou les dirigeants du monde discutent à Copenhague de l’avenir de la planète.

Bien sûr que l’alpha et l’oméga de nos actions ne vont pas être suspendues aux décisions, sans doute pour une part insuffisantes et pour une part différées de surcroit, mais quand même. Il y aura pour nous un avant et un après Copenhague dans la manière de penser et de mettre en œuvre nos politiques publiques.

Nous n’oublions pas que nous sommes dans un contexte de grande fragilité financière due pour une part aux incidences de la crise dite « financière » qui pour nous est aussi la crise d’un système, d’une manière de financiariser de la société. Avec la crise, l'Etat a nationalisé les pertes et privatisé les bénéfices.

Bilan des courses: une partie des finances de l'Etat sert à soutenir le système bancaire quand nous attendons du gouvernement Sarkozy des aides plus conséquentes localement sur l'aide à la pierre, le maintien du service public (santé, service de la poste...), quand les inégalités se creusent.

Nous ne pouvons nous en satisfaire.

Les recettes de Nantes Métropole ont été dynamiques jusque là en raison notamment de la Taxe Professionnelle.

Qu'en sera-t-il demain ?

Quelles compensations l'Etat donnera-t-il ; pour combien de temps?

A quand un projet de loi plus juste, prenant en compte les revenus des ménages et incitant les entreprises à investir dans l’outil de travail plutôt qu’à spéculer ou satisfaire les actionnaires ? Pour amplifier la mise en œuvre des enjeux du sommet de Copenhague, sans même attendre les conclusions, nous élus Verts, Régionalistes et Solidaires, insistons sur la réorientation des politiques publiques actuelles en amorçant une conversion écologique de l’économie.

Un budget est la concrétisation financière de note volonté politique. Les orientations budgétaires que nous débattons aujourd’hui constituent donc le socle de nos politiques publiques à venir. L'effort engagé avec le Plan Climat doit être démultiplié, notamment pour nos actions en matière de logement, d’infrastructures, de déplacements. Nous avons un haut niveau d'investissements qui correspond à une grande partie d’objectifs partagés.

Mais,

Nos réseaux (eau, électricité, assainissement, etc.) doivent pouvoir être mieux dimensionnés, adaptés aux territoires. Nous avons commencé à construire des stations d’assainissement de petite dimension dans les villages-écarts, nous devons continuer cette logique du sur mesure. Nous devons être soucieux de préserver les ressources naturelles disponibles sur notre territoire et multiplier les valorisations des déchets (matériaux, source d’énergie) que nous générons.

Ne convient-il pas de limiter les infrastructures inutiles économiquement et écologiquement pour orienter massivement nos dépenses vers les Transports Collectifs ? Notre Plan de Déplacement Urbain devra confirmer cette volonté.

La nécessaire transition énergétique nous renvoie à l’adoption de modes de production et de consommation plus économes des ressources de notre planète.

Investir dans le logement, notamment le logement social, c’est participer à une qualité de vie de nos concitoyens entraînant une limitation des budgets d'action sociale.

La logique de cette conversion écologique de l’économie permet de consolider une économie résidentielle, un emploi de proximité et une attractivité sociale et solidaire de notre territoire.

Nos logiciels doivent sortir de la logique productiviste.

Nous devons revoir également nos frais de fonctionnement, nos charges énergétiques, nos critères d’attributions de nos subventions. Il en va de l’équilibre de notre budget et de notre crédibilité face aux efforts demandés à nos concitoyens. Nous devons nous appliquer Copenhague. C’est le sens de l’implication des villes dans la réussite de ce rendez-vous.

Ca nous oblige aussi à évaluer sans cesse nos politiques publiques avec nos concitoyens pour que nos choix soient éclairés de tous ces avis, pour que nous décidions collectivement des orientations à prendre.

Ces choix doivent se faire avec une forte volonté de services publics, socle de la cohésion sociale, confirmant notre exigence de solidarité communautaire.

Nous proposons pour terminer de revoir le calcul de la Dotation de Solidarité Communautaire pour une attribution sur des critères plus solidaires; prenant en compte :

- la politique logement des communes et particulièrement des efforts entrepris pour le logement social, - le pourcentage de population vivant en dessous du seuil de pauvreté, - les politiques innovantes ou volontaires en matière de jeunesse, d'aide sociale...

En prenant en compte ces éléments, le budget 2010 sera pour nous plus Ecologiste et plus Solidaire.

Gilbert GALLIOT