A propos du budget primitif 2010 de la Ville de Nantes
Par élus verts le lundi 1 février 2010, 19:00 - L'Actu - Lien permanent
__Pascale Chiron est intervenue au nom des élus Verts sur le budget primitif lors du Conseil Municipal du 29 janvier 2010. __
Monsieur le Maire, chers collègues,
Le budget présenté par Pascal Bolo est dans la continuité des budgets municipaux précédents, avec toujours les mêmes objectifs : diminution progressive de la dette, maintien d’un haut niveau d’investissement et d’épargne, répartition plus juste des impôts au bénéfice des ménages et des familles. Le groupe des élus Verts est solidaire de ces engagements budgétaires : le cap est maintenu.
Mais il est bien difficile de garder ce cap alors que, pendant le même temps, les incertitudes sont nombreuses : incertitude générale liée à la crise économique, sociale et financière qui n’en finit pas, incertitudes liées aux décisions de l’Etat, qui continue de transférer des compétences vers les collectivités sans transférer les budgets correspondants. L’Etat contraint les collectivités à répondre aux attentes citoyennes, et critique en même temps les dépenses « trop élevées » des communes notamment. Cherchez l’erreur ! Le gouvernement Sarkozy donne des leçons et ne se les applique pas. On l’a vu lors de la réforme de la taxe professionnelle, on le voit lors de la réforme territoriale en cours, qui ne répond aucunement aux questions posées par notre actuelle organisation territoriale : quid de notre «mille-feuille territorial», quid d’une réorganisation territoriale plus lisible et plus accessible par le citoyen ?
A la crise économique, sociale et financière, je n’oublie pas la crise écologique qui frappe notre planète. Nous espérions tous des solutions issues du sommet de Copenhague, et notre déception est grande. Conscientes de leurs responsabilités, les collectivités locales, représentées par Jean-Marc Ayrault et Ronan Dantec, s’y sont engagées fortement, parce que c’est bien d’abord localement que les mesures prises seront efficaces et visibles. Là aussi, quelle contradiction avec les paroles du gouvernement français ! En janvier 2009, lors de notre intervention lors du débat sur le budget 2009 de la ville de Nantes, nous avions évoqué la loi Grenelle 2, qui venait d’être présentée en conseil des ministres. Adoptée en octobre au Sénat, la loi Grenelle 2, un an après, n’a toujours pas été discutée à l’Assemblée Nationale !
A Nantes, nous n’avons pas attendu le Grenelle de l’environnement pour agir. La présentation de notre budget illustre cette volonté d’action. Je prendrai quelques exemples portés par les élus Verts : l’exonération de 50% de taxe foncière pour les constructions de logements neufs achevés à compter du 1er janvier 2009 respectant les normes de bâtiments basse consommation, l’application des normes BBC dans la construction des nouveaux équipements municipaux, l’engagement de notre municipalité dans la démarche Cit’energie qui vise à labelliser notre politique énergétique municipale, la mise en place d’un plan d’actions en santé environnementale, la poursuite de la mise en œuvre de notre Agenda 21. Vous le constatez mes chers collègues, dans ces actions menées par les élus Verts au sein de la majorité municipale, nous sommes bien loin de la démarche de décroissance, de retour à la bougie et à l’âge de pierre dont on nous accuse régulièrement ici et là. Nous ne souhaitons pas une décroissance dogmatique, mais une autre croissance : celle des transports collectifs et des déplacements doux, celle du bio dans la restauration scolaire, celle des économies d’énergie réalisées par notre municipalité ; une croissance qui discute sans tabou les projets grenello-incomptatibles. La seule décroissance que nous voulons, c’est la décroissance de notre empreinte écologique. C’est et ce sera notre cap pour les années à venir.
