Aide à Haïti
Par élus verts le lundi 8 février 2010, 12:28 - L'Actu - Lien permanent
Elisabeth GUIST'HAU est intervenue au Conseil Communautaire du vendredi 5 février 2010 pour présenter la position des élus Verts, Régionalistes et Solidaires à propos de l'aide à apporter à Haïti.
Monsieur le Président, chers collègues,
« J’oscille entre espoir et désespoir » avait déclaré Jean-Philippe Magnen, adjoint nantais à la coopération décentralisée en rentrant, avec Octave Cestor, d’une mission marquante de 9 jours en Haïti, en juillet dernier.
« Espoir en voyant des personnes se bouger, y croire et monter de beaux projets. Espoir aussi, en rencontrant des élus locaux qui, sans moyens, croient à la décentralisation comme symbole d’un développement local plus participatif. Mais désespoir face à tant de pauvreté criante qui saute à la figure, ce qui fait qu’on ne sait par quel bout commencer et comment améliorer la situation. Désespoir encore, en découvrant un système politique centralisé, verrouillé et corrompu qui affiche une volonté de décentralisation mais qui par ses actes prouve le contraire. »
Jean-Philippe Magnen écrivait cela en juillet, 6 mois avant le terrible séisme que vient de connaître cette île lointaine et pourtant si proche de Nantes par notre histoire commune et par nos liens actuels si vivants.
Immédiatement après le tremblement de terre, nombre de pays mais aussi de collectivités territoriales ont réagi vite et fort, un formidable élan de solidarité s’est mis en place et Nantes Métropole n’est pas en reste. Nous en sommes conscients, c’est tout à la fois formidable et dérisoire devant l’ampleur du drame. Car que restera-t-il de cette générosité, de cette compassion à très court terme, quand les objectifs des médias se seront tournés vers une autre actualité ?
L’urgence consiste désormais à mettre en application, à Haïti plus qu’ailleurs, les objectifs du millénaire pour le développement. L’urgence consiste aussi, tant qu’à aider à reconstruire ce pays, à y traiter la question du dérèglement climatique car tant pour des raisons naturelles qui s’appellent cyclones, ouragans, inondations… que pour des raisons sociales, liées à une pauvreté extrême puisqu’une très grande majorité des Haïtiens ne bénéficie pas des biens fondamentaux pour une vie décente, les rescapés vont vite devenir des réfugiés climatiques en puissance.
Arrêtons nous un instant sur la dette ; une dette contractée en partie par l’achat de la liberté aux colons du XIX ème siècle. Comment nous taire sur cette humiliation durable ? Demandons, exigeons l’abolition sans délai ni conditions de cette dette. Il faut reconstruire sur le long terme par une coopération décentralisée en faveur du renforcement institutionnel et de la consolidation des services publics - au premier rang desquels l’éducation et la santé.
Les élus Verts, régionalistes et solidaires lancent ici un appel aux Maires de l'agglomération pour que nous menions une action conjointe et coordonnée, en créant une plate forme Haïti sur la coopération décentralisée à Nantes Métropole. Prenons contact sans attendre avec des collectivités haïtiennes et françaises pour poser dès maintenant les fondations d’une coopération décentralisée coordonnée. A cet égard, les contacts pris avec La Rochelle, Rennes, Montréal et Port au Prince lors des assises franco-haïtiennes en Haïti en juillet 2009 peuvent constituer un lien de coopération durable avec une collectivité haïtienne.