Budget primitif de Nantes Métropole
Par élus verts le lundi 8 février 2010, 12:27 - L'Actu - Lien permanent
Pascale CHIRON est intervenue au nom des élus Verts, Régionalistes et Solidaires lors du débat autour du budget primitif de Nantes Métropole qui s'est tenu au cours du Conseil Communautaire du vendredi 5 février 2010.
Monsieur le Président, chers collègues,
Le budget présenté est dans la continuité des budgets précédents, avec toujours les mêmes objectifs : maintien d’un haut niveau d’investissement, répartition plus juste pour un haut niveau de services au public et de solidarité communautaire. Mais il est bien difficile de garder ce cap alors que, pendant le même temps, les incertitudes sont nombreuses : incertitude générale liée à la crise économique, sociale et financière qui n’en finit pas, incertitudes liées aux décisions de l’Etat, qui continue de transférer des compétences vers les collectivités sans transférer les budgets correspondants.
L’Etat contraint les collectivités à répondre aux attentes citoyennes, et critique en même temps les dépenses « trop élevées » des communes notamment. Cherchez l’erreur ! Le gouvernement Sarkozy donne des leçons et ne se les applique pas. On l’a vu lors de la réforme de la taxe professionnelle, on le voit lors de la réforme territoriale en cours, qui ne répond aucunement aux questions posées par notre actuelle organisation territoriale : quid de notre «mille-feuille territorial», quid d’une réorganisation territoriale plus lisible et plus accessible par le citoyen ? Au moment où les ménages bouclent difficilement leurs fins de mois, on demanderait aux Intercommunalités de lever l’impôt dès 2011 taxant ainsi davantage les citoyens. De qui se moque-t-on ?
A la crise économique, sociale et financière, je n’oublie pas la crise écologique qui frappe notre planète. Nous espérions tous des solutions issues du sommet de Copenhague, et notre déception est grande. Conscientes de leurs responsabilités, les collectivités locales, représentées par Jean-Marc Ayrault et Ronan Dantec, s’y sont engagées fortement, parce que c’est bien d’abord localement que les mesures prises seront efficaces et visibles. Là aussi, quelle contradiction avec les paroles du gouvernement français ! Adoptée en octobre au Sénat, la loi Grenelle 2, un an après, n’a toujours pas été discutée à l’Assemblée Nationale !
Heureusement, Le Plan Climat que nous avons porté peut être une pièce maîtresse de l’Agenda 21 communautaire. Il nous permet de guider l’ensemble de nos politiques publiques.
Notre Programme Local de l’Habitat, doit être amplifié pour réhabiliter en priorité les logements anciens, pour construire des bâtiments neufs à haute performance énergétique.
Le nouveau Plan de Déplacements Urbain doit permettre de développer nos transports collectifs, avec en particulier le renforcement des axes structurants ne reportant pas la liaison des lignes 1 et 2.
Nous devons orienter clairement des investissements vers une gare ferroviaire performante, véritable plate forme intermodale avec les transports collectifs urbains, des bus express cadencés, des parkings vélos conséquents et une place limitée pour l’automobile afin d’éviter l’asphyxie de notre agglomération.
Notre budget ne saurait affecter un seul euro à l’Hypothétique projet aéroportuaire de NDDL.
Vous le constatez mes chers collègues, dans ces actions menées par les élus Verts Régionalistes et Solidaires au sein de la majorité communautaire, nous sommes bien loin d’une démarche de décroissance dogmatique, de retour à la bougie et à l’âge de pierre dont on nous accuse régulièrement ici et là. Nous souhaitons une autre croissance : celle des transports collectifs et des déplacements doux, celle des économies d’énergie réalisées ; une croissance qui discute sans tabou les projets grenello-incomptatibles et qui permet à budget équivalent, des choix moins énergivores. Vous l’avez compris, nous sommes pour une transformation écologique de l’économie, en profondeur, loin des projecteurs et des paillettes.
La seule décroissance que nous voulons, c’est la décroissance de notre empreinte écologique.
C’est et ce sera nos objectifs pour les années à venir.