Monsieur le Président, chers collègues

La création par l’Etat du « conseil de coordination interportuaire de l’Atlantique » est une opportunité intéressante qu’il convient de saisir. Tournant symboliquement le dos à l’atavique concurrence entre les deux grands ports estuariens de la Loire et de la Gironde, ce conseil doit être l’occasion d’un dialogue entre les territoires, dépassant les habituelles concurrences, de trouver plus de vertus à la coopération qu’à la compétition. Mais, au-delà des symboles, ce conseil doit aussi nous aider à trouver des réponses communes sur des dossiers importants dans un monde en mutation. Nous pensons par exemple urgent d’adapter les deux plates-formes d’importations de bois de Nantes-Cheviré et de La Palice. Si les résultats du Sommet de Copenhague ont été maigres, notons en effet que le processus de lutte contre la déforestation, dit REDD+, a été une des rares avancées concrètes, susceptible d’une transcription rapide dans le droit européen. Dans ce cadre, il devrait être enfin mis un terme au commerce de bois tropicaux non certifiés, un des plus grands scandales écologiques et humains de notre époque. En tant que puissance publique porteuse de l’intérêt général, nous devons donc faire pression pour une éco-certification rapide de nos plate- formes portuaires de commerce du bois, ce peut être de plus un atout dans leur survie commerciale. Nous souhaitons aussi que des études soient menées sur les possibilités de cabotage portuaire, alternative importante au transport routier. Le renforcement des filières bois-énergie de l’Ouest par exemple, pourrait profiter d’une meilleure connexion au grand bassin de production forestier Aquitaine-Limousin.

Il apparaît par ailleurs évident que ce rapprochement des plate formes portuaires nécessiterait, pour être opérationnel, une amélioration de l’inter connexion ferroviaire entre l’Ouest et le Sud-Ouest. L’amélioration de la liaison Nantes-Bordeaux, pour le frêt comme pour le trafic passager nous apparaît centrale, et doit être une priorité d’investissement des prochains contrats de plan. Ce conseil de coordination interportuaire peut être un lieu de la discussion avec l’Etat et RFF sur ce point.

En conclusion, permettez-moi néanmoins de regretter que les autres ports bretons, Lorient et Brest, ne soient pas associés à ce conseil. Il nous revient donc de trouver les moyens indirects de les intégrer sur cette réflexion d’aménagement du territoire. C’est l’occasion pour les élus Verts, Régionalistes et Solidaires de rappeler leur attachement à ces étroites coordinations des territoires, qui peuvent permettre une répartition équilibrée et rationnelle des trafics, et donc une meilleure valorisation d’équipements structurants, financés pour une large part par l’argent public : notre souci d’économie de l’argent public par la répartition équilibrée des trafics ne se limitant pas, est-il nécessaire de le rappeler, au transport maritime.