Santé mentale : Comment en parler sans stigmatiser ?
Par élus verts le lundi 15 mars 2010, 17:43 - L'Actu - Lien permanent
Du 15 au 20 mars prochains, se déroule la semaine nationale d’information sur la santé mentale. Pour la 21ème édition, il est question de débattre de la stigmatisation de la maladie mentale, obstacle bien souvent aux actions de prévention et à l’accès aux soins.
Ce rendez-vous annuel est relayé à Nantes par le Réseau santé mentale de la Ville, avec des soirées thématiques « La santé mentale, parlons-en ! » et des journées portes ouvertes pour les associations GEM dit « le Nouveau Cap » (Groupe d’entraide mutuelle) et l’UNAFAM (Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques). La projection du film documentaire « Après la folie », réalisé par Mickaël Hamon est également programmée. (Plus d’information sur le site de la Ville : www.nantes.fr).
Pour Catherine Choquet, adjointe au maire de Nantes, déléguée à la petite enfance, à la santé et aux personnes handicapées, cette manifestation est l’occasion de rappeler les actions menées par la Ville en matière de santé mentale. Au-delà de l’émission d’arrêtés provisoires d’hospitalisation d’office qui relève d’une compétence obligatoire pour chaque commune, la Ville de Nantes intervient selon deux modalités, via la Mission santé publique (MSP) : la médiation en santé mentale et le pilotage du Réseau santé mentale.
La médiation en santé mentale est réalisée par une chargée de projet, qui intervient sur signalement au maire par les habitants ou les partenaires du Réseau. Cela se traduit, en fonction du contexte, par une visite à domicile auprès de la personne elle-même lorsque le contact est possible, des interventions auprès des familles et des voisins, ou des contacts avec les professionnels de santé. Au nombre de 93 en 2006, ces interventions sont passées à 153 en 2009.
Le Réseau santé mentale est un réseau institutionnel structuré, crée en 1995 et piloté par la Ville. Il rassemble de nombreux partenaires : le CHU, les bailleurs sociaux, les associations, les organismes de tutelles, le Conseil général de Loire-Atlantique, le CCAS, la DDASS, la police, SOS Médecins…Il facilite l’intégration dans la cité de personnes présentant des troubles psychiques. Catherine Choquet tient à souligner le travail de qualité entrepris par ce Réseau. Devant la fermeture de milliers de lits dans les hôpitaux psychiatriques, la durée d’hospitalisations de plus en plus courte, la suppression du diplôme d’infirmier spécialisé en psychiatrie, la réduction des crédits, ce Réseau s’efforce d’assurer, avec cohérence et en concertation, une continuité des soins pour les personnes en souffrance psychique.
Ce Réseau a également pour mission de faire évoluer l’image de la santé mentale par la formation des acteurs et la sensibilisation en direction du grand public. Car bien souvent, le malade mental est considéré comme un individu dangereux dont la société doit se protéger et non comme une personne fragile qui doit être soignée. La déclinaison locale de la semaine nationale d’information sur la santé mentale est l’occasion de lutter contre cette stigmatisation dont sont victimes les malades mentaux.
Comme le disait François Tosquelles dans son ouvrage Le Vécu de la fin du monde dans la folie (Editions de l’Arefppi, Nantes, 1986), « sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est l’homme même qui disparaît ».
