Voici son point de vue: "Les résistances sexistes sont si grandes que lorsqu'il n'y a aucune politique d'incitation, les pourcentages de représentation des femmes sont de l'ordre de 10% (cas de l'assemblée nationale, des petites communes, ...). Quand on applique des politiques rectificatives, on atteint 45 à 50% (cas des conseils régionaux, par exemple).

La seule politique corrective qui existe en France est la loi pour la parité (femme et homme placés obligatoirement en alternance). Bon, je vous passe les stratégies de contournement (mettre les hommes en premier, ne pas positionner les femmes en situation exécutive, etc.). Or cette loi ne peut s'appliquer qu'à des listes élues avec un scrutin de liste à la proportionnelle. Et que prévoit notre chère réforme ? D'élire nos conseiller/es territoriaux/ales au scrutin de liste uninomal, comme pour les député/es.

Cette réforme doit être combattue. Pour la représentativité des femmes mais aussi pour le respect de la représentativité de l'ensemble des opinions politiques. Les mesures profitant aux femmes, profitent également aux minorités (attention, les femmes ne sont pas une minorité, puisque nous sommes majoritaires ! ) au niveau des couleurs de peau mais aussi des couleurs politiques ! Avec un tel scrutin, nous nous orientons vers un bipartisme gauche / droite. L'apport des partis tel que l'UDB, le NPA, les alternatifs, etc. va être laminé. C'est donc une catastrophe démocratique à trois niveaux : pour les femmes, pour les minorités dites « ethniques » pour les partis non-majoritaires.

Au fait, se souvient-on de la raison d'être « officielle » de cette réforme ? La simplification des échelons territoriaux. L'idée n'était pas mal au début. Et même plutôt bonne. En effet, je salue le/la citoyen/ne qui arrive à connaître les délimitation de son canton, sa circonscription et les compétences de sa région, de son département et de sa commune. Cependant, il ne va pas y avoir fusion des deux échelons administratifs, mais fusion des élu/es uniquement, et les instances (et l'administratif, en conséquence) demeurent au niveau départemental et au niveau régional. Nos futur/es conseiller/es territoriaux/ales seront donc obligatoirement des cumulard/es siégeant aux 2 instances. "