Réforme des Collectivités Territoriales : quelle représentativité des femmes ?
Par élus verts le jeudi 15 juillet 2010, 18:38 - Analyses - Lien permanent
Dominique Trichet-Allaire, élue Verte de Nantes aux droits des femmes participait à la réunion publique sur le thème « les enjeux de la réforme des collectivités territoriales sur la représentativité des femmes en politique » Organisée par le GRIF (Groupe d'Initiative Féministe) à Saint-Nazaire.
Voici son point de vue: "Les résistances sexistes sont si grandes que lorsqu'il n'y a aucune politique d'incitation, les pourcentages de représentation des femmes sont de l'ordre de 10% (cas de l'assemblée nationale, des petites communes, ...). Quand on applique des politiques rectificatives, on atteint 45 à 50% (cas des conseils régionaux, par exemple).
La seule politique corrective qui existe en France est la loi pour la parité (femme et homme placés obligatoirement en alternance). Bon, je vous passe les stratégies de contournement (mettre les hommes en premier, ne pas positionner les femmes en situation exécutive, etc.). Or cette loi ne peut s'appliquer qu'à des listes élues avec un scrutin de liste à la proportionnelle. Et que prévoit notre chère réforme ? D'élire nos conseiller/es territoriaux/ales au scrutin de liste uninomal, comme pour les député/es.
Cette réforme doit être combattue. Pour la représentativité des femmes mais aussi pour le respect de la représentativité de l'ensemble des opinions politiques. Les mesures profitant aux femmes, profitent également aux minorités (attention, les femmes ne sont pas une minorité, puisque nous sommes majoritaires ! ) au niveau des couleurs de peau mais aussi des couleurs politiques ! Avec un tel scrutin, nous nous orientons vers un bipartisme gauche / droite. L'apport des partis tel que l'UDB, le NPA, les alternatifs, etc. va être laminé. C'est donc une catastrophe démocratique à trois niveaux : pour les femmes, pour les minorités dites « ethniques » pour les partis non-majoritaires.
Au fait, se souvient-on de la raison d'être « officielle » de cette réforme ? La simplification des échelons territoriaux. L'idée n'était pas mal au début. Et même plutôt bonne. En effet, je salue le/la citoyen/ne qui arrive à connaître les délimitation de son canton, sa circonscription et les compétences de sa région, de son département et de sa commune. Cependant, il ne va pas y avoir fusion des deux échelons administratifs, mais fusion des élu/es uniquement, et les instances (et l'administratif, en conséquence) demeurent au niveau départemental et au niveau régional. Nos futur/es conseiller/es territoriaux/ales seront donc obligatoirement des cumulard/es siégeant aux 2 instances. "

Commentaires
Bonjour,
Je me permets de laisser un petit commentaire (voire un peu long finalement ! ), cet article touchant de près ma militance et mon travail. Etant chef de projet de développement pour l'autonomisation de la femme et égalité des sexes, je réagi à ses questions. Dominique Trichet-Allaire souligne très bien ici l'impact que porte telle réforme. Puisqu' à travers la question de la place de la femme, sa représentativité politique et dans les postes de direction , nous sommes bien au coeur du développement/changement de notre société et de sa démocratie.
Des programmes comme celui du PNUD par exemple, Programme des Nations Unies pour le Développement, tiennent l’égalité des sexes pour une condition absolue d’un développement
intégrateur, démocratique, sans violence et durable, et par conséquent elle fait partie du
nouveau Plan stratégique du PNUD 2008-2011. Les termes « genre » et « égalité entre les
sexes » impliquent un intérêt à la fois pour les hommes et pour les femmes, et pour les relations
entre les deux. Néanmoins, il faut prêter une attention toute particulière aux besoins et aux
contributions des femmes afin de traiter la gamme des écarts de genre, des politiques
inégalitaires et de la discrimination qui historiquement ont désavantagé les femmes et
faussé le développement dans l’ensemble des sociétés.
cette égalité entre les sexes que nous parlons aujourd'hui profitera à l’ensemble de la société.
L'enjeu d'aujourd'hui ne serait-il pas dans la mise en place d' un contexte
national dans lequel les compétences des hommes et des femmes peuvent s’épanouir, y
compris à travers une attention particulière à l’augmentation des compétences des femmes
qui doit être égale à celle des hommes? Ceci nécessite l’identification et la suppression des
obstacles et de la discrimination qui ont limité la pleine réalisation du potentiel des femmes.
Personnellement il me fait drôle d'impression de lire telle réforme concernant mon propre pays...
Quand mon quotidien est de participer à ces débats et de porter ces idées en Asie du Sud-Est.