Accompagnée d’autres élues de la Ville de Nantes, Dominique Trichet-Allaire
a reçu Mathilde Muhindo Mwamini, ancienne députée de la République Démocratique
du Congo, et sa délégation vendredi dernier. L’occasion pour cette dernière de
témoigner de la violence institutionalisée qui règne au Congo, notamment
vis-à-vis des femmes.
« On assimile généralement les violeurs dans ces pays-là à des guerilleros
désorganisés mais le témoignage de Munhindo Mwamini révèle un véritable système
économique derrière ces militaires bien armés, dont la puissance fait d’eux des
violeurs » explique Dominique Trichet-Allaire.
On sous-entend que les guérilleros qui utilisent le viol comme armes de guerre
sont incontrôlables par les pouvoirs publics et désorganisés. Mais le
témoignage de Mathilde Munhindo Mwamini révèle une véritable stratégie de
guerre. Ces guérilleros utilisent le viol comme tactique de guerre, afin
de détruire psychologiquement les femmes mais aussi les hommes de ces villages
pillés et les enfants qui naitront de ces viols.
Ces militaires sont logés, nourris et bénéficient de matériels importants car
financés par la vente de ressources naturelles locales. Les acheteurs,
notamment occidentaux, ont tout intérêt à voir perdurer ce système économique
illégal.
La solution serait de les toucher là où cela fait vraiment mal, au
porte-monnaie. « Ces milices ne survivent que grâce à l’argent que leur
fournissent des ressortissants étrangers par la vente de diamants notamment.
Une charte de certification, signée par les pays européens et des collectivités
locales (comme la région d'Ile de France) et punissant ceux qui bénéficient du
trafic illégal, serait un pas dans la bonne direction ». C'est en tous cas
ce que souhaite Mathilde Muhindo Mwamini.
